Louis Vuitton outlet URL: http://www.designunlimited-uk.com/outlet.html
moncler pas cher

La FONDERIE sur la route de Gavarnie

La Fonderie ! Tel était le cri par lequel,  autrefois, au temps des cavalcades et des voitures, les guides et les cochers désignaient au voyageur  un terrain  sur le bord de la route de Gavarnie, au sortir du Chaos et avant d’arriver au Pont du Couret. Aujourd’hui, par ce temps d’autos et de vitesse, on n’a pas le loisir de s’arrêter à ces vétilles ; il faut se dépêcher, arriver vite, voir la cas-cade à la  hâte, et rentrer tout aussi promptement, pour recommencer ailleurs la visite  de paysages a peine entrevus, et examinés de façon superficielle.

Mais les guides et les cochers d’antan, qui arrêtaient les touristes pour leur montrer la Fonderie, auraient été  bien embarrassés pour dire ce que ce mot rappelait, et indiquer l’emplacement exact de ce lieu. Ils connaissaient le nom mais les souvenirs de la chose avaient déjà disparu. A l’heure actuelle, le nom rejoint les souvenirs et est en voie de disparaître à son tour. Avant qu’il soit  complètement effacé,  nous  voulons retracer l’Histoire de la Fonderie.

Noguès dit : « A quelque distance de là 1 on trouve à droite, sur un petit plateau, les masures d une maison que les mineurs anglais construisirent en 1738, tant  pour s’y loger que pour y fondre les matières de cuivre et d’argent qu’ils extrayaient de cette partie des montagnes. C’est pour cela qu’on appelle encore aujourd’hui le sol et masures de cette maison, la Fonderie des. Anglais. »

C’est donc sur la rive gauche du .Gave qu’il faut chercher l’emplacement en question.  On ne voit, sur les bords  du torrent, qu’un étroit plateau dont l’herbe disparaît sous l’amoncellement des blocs que la montagne laisse constamment tomber. En cherchant au milieu de cet entassement on ne tarde pas à dé-couvrir des débris de murs que le gazon n’a pas encore recouvert. Bien visibles en 1864, après la construction de la route carrossable de Gavarnie, ces ruines disparaissent un peu plus chaque année, envahies davantage par l’herbe et les éboulements.

Quand fut construite cette Fonderie et pourquoi? Nous pouvons répondre sûrement à ces questions. M. l’abbé Hèche, curé-doyen de Luz,  possède une correspondance échangée de juillet 1733 à mai 1735, entre M. le chevalier Jean Lambert, français, marié à une anglaise, Holmes, beau-frère de M. Stop, ambassadeur à Paris des États généraux de Londres, directeur des exploitations que  les Anglais faisaient des mines des Pyrénées, et M. Destrade Labit, avocat à Luz, d’abord représentant de la Compagnie anglaise dans la vallée, puis juge des

Mines pour cette même Compagnie.

Parmi les mines exploitées par les Anglais dans notre vallée, les plus importantes étaient,  sans contredit, celles de La Providence, sur les flancs de la base du Couméli, près du ravin de  Sanyou. Le développement considérable des galeries de cette mine indique qu’on a dû longtemps y travailler. Le minerai extrait2 était expédié pour y être traité, à Sarrancolin, où se trouvait un des centres principaux d’exploitation de cette Compagnie, Le .transport se faisait par Lourdes et Gripp, et coûtait 25 sols le quintal. Cependant, une autre lettre du 21 juin 1734 parle de  l’envoi d’un agent,  M.Sagnier, pour le transport des mines de Gavarnie « qu’il n’est pas nécessaire de faire passer par Lourdes ; M. Robinson s’est blousé ». Finalement, c’étaient des voituriers de Barèges qui transportaient le minerai, à 36 sols le quintal. Même M. Destrade devait trouver un plus grand nombre de chevaux pour aller plus  vite.

C’est pour remédier à cet inconvénient des frais occasionnés par le trans-port que fut décidée la  construction, à Gavarnie, d’une usine pour fondre le minerai, Destrade reçut 4000 livres pour les dépenses ; mais il dut aller les cher-cher à Auch. M. le chevalier Lambert était opposé à cette construction ; il parle des difficultés qui se présenteront pour l’établissement de cette fonderie : charbon à 3 livres le quintal, la neige empêchera de travailler l’hiver, la fumée gâterait les pacages, on n’y serait pas en sécurité à cause des Miquelets, etc.

En septembre 1733, M. Robinson, malgré l’avis des MM. de Saint-Gaudens  (la concession s’étendait jusqu’au comté de Foix), s’est décidé à commencer la construction. L’emplacement fut choisi bien en aval des galeries de la Providence, sans doute à cause de la proximité du bois de Crabè-Bielh, qui se trouve sur la rive droite, en face, parce que la bois était indispensable, non seulement pour la charpente, mais encore pour la fabrication du charbon et de la chaux. Pour ce travail, l’agent loua « des hommes du pays, qui feront bien, et auxquels il propose de donner 6 ou 7 livres par semaine ». Les travaux commencés cet automne furent arrêtés pendant l’hiver . « Les premières gelées ont effrayé les maçons qui ont abandonné le travail ».

En 1734, le 6 février, M. Robinson, qui est à Sarrancolin, veut acquérir du terrain autour de la fonderie ; c’est M, Wathinson qui fit cet achat.

La communauté de la vallée avait vendu le  bois nécessaire à la construction car le 31 Juin 1734 M. Lambert demande à M. Destrade « de s’employer à la résiliation de la convention avec MM. Maruquete et Noguès ; de demander à la communauté3 de ne pas insister pour le payement du bois coupé, et que la convention à ce sujet soit annulée, vu le peu que rendent les mines. Car on a fourni gratis une grande quantité de poudre pour les chemins ».

Sans doute cette affaire, du bois et de la poudre devait être difficile à traiter, car, en 1735, elle n’avait pas encore reçu de solution.

La construction fut terminée à l’automne de 1734. Il restait un excédent de chaux qui fut cédé à M. le curé de Luz.

Les premiers essais d’affinage ne donnèrent pas de bons résultats. L’ouuvrier chargé de ce soin ne savait pas son métier. « Nous avons été trompés par M. Hermitage, qui s’est donné comme affineur de plomb ». Mais cet échec n’est pas irréparable. Il faut croire, en effet, qu’il fut réparé, puisque l’usine fonctionnera pendant plus de cinquante ans.

Noguès s’est trompé en donnant 1738 comme date de construction.

Les Anglais restèrent dans la vallée jusque vers 1787. Les ouvriers employés à la mine et à la fonderie étaient de mœurs dissolues et commettaient sans cesse des attentats. Il fallut purger la vallée de ces brigands en les chassant. « Ces mineurs furent expulsés de la vallées de Barège par ordre du gouverne-ment, sur les représentation de M. Fabas, alors curé de Luz, qui se plaignait de leurs mœurs ».

Et la Fonderie devint  ce que deviennent les habitations abandonnées : une masure ; puis moins encore : une ruine, dont le nom lui-même, s’il ne disparaît pas tout à fait à son tour, ne rappellera cependant rien à l’habitant de Gèdre ou de Gavarnie.

1 – Noguès vient de décrire le Chaos (in Voyage du Bourg des Bains de Barège à Gavarnie),

2 – Galerie argentifère,

3 – Ou assemblée des consuls,

Source : Revue des H. Pyrénées 1920 – P. Rondou

Aucun commentaire »

Aucun commentaire.

RSS flux des commentaires de cet article. TrackBack URL

Laisser un commentaire