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L’ancienne industrie des Blanchiers dans la vallée d’Aure.

Parmi les anciennes industries de la vallée d’Aure, nous croyons pouvoir signaler celle des Blanchiers ou Blanchers.

Sous ces noms, on désignait les ouvriers qui préparaient les peaux blanches, servant à confectionner les habits fourrés, tels que pelisses et pourpoints.

L’usage des pelisses, péllicium, remonte au moyen âge. Il était déjà pratiqué au XIII° siècle, où il remplaça le doublet, sorte de corset ouaté ou piqué. Il prévaut à la fin du XIV°, ainsi que nous l’apprend Camille Enlart (1).

Les noms de Pelissier, Pelatier, Pelletier, Pelâtre, Pélarrey, assez répandus dans l’onomastique auroise, attestent que les fabricants de pelisses y furent assez nombreux.

Celui des pourpoints, perpunctum, qui furent à l’origine une des pièces de l’armure  des chevaliers, était devenu un vêtement civil à partir du XVI° siècle. Camille Enlart (2).

Les pelisses et les pourpoints, dans la vallée d’Aure, n’étaient pas l’apanage de la noblesse et de la bourgeoisie.

Les majoraux et bergers, stationnant sur les hautes montagnes, où ils étaient exposés aux variations de la température, en étaient également pourvus.

Dans une Enquête, faite le 4 décembre 1561, au lien d’Ancizan, par M e Dominique Dupuy, bachelier ès droits, et lieutenant principal du Juge d’Aure, au nom du Sénéchal d’Armagnac, à propos de la montagne de Sabourès, en litige entre les habitants de Vielle et ceux de Soulan, un des témoins,

« Antoine Sangros, me blanchier, pelatier dudit lieu d’Ancizan, âgé de trente ans, possédant de biens plus de deux cents escus petits, a dict ne sçavoir aultre chose déposer sinon qu’il est mémoratif despuis doutze ans par plusieurs fois en temps d’esté, estre allé aux montaignes de Montarrouy, Bastan, Port-Bielh, portant aux pasteurs et majoraulx de son office de pelatier quelques habilhements de peaulx perpoincts et périsses pour les vendre, et avoir veu en allant et passant que les habitans dud. Vielle résidoient avec leur bestailh ès parsans de Sabourès et Beausaplan (3), aux montaignes de Montarrouy, Bastan, et aboyr entendu par l’in-formation et relation des pasteurs que nul aultre n’osoit paistre avec. son bestailh et que les habitants de Vielle les pignoroient»(4).

En 1612, la profession de blanchier était exercée à Arreau par un certain Guillaume Tisné, habitant de ladite ville. Celui-ci, ayant reçu vers la fin du mois d’août  de cette même année, de la part de Jean Moreîlhon, de Sarrancolin, deux peaux, l’une de chèvre et l’autre de creston (5),afin de les blanchir et les apprêter, pour le compte d’un nommé Normand, de la ville de Châteauneuf, les lui réclame le 6 décembre de la dite année.

« Guillaume Tisné déclare moyennant serment par lui presté sur quatre saints  évangiles estre véritable qu’environ trois mois sont passés que led. Moreilhon lui avoit porté dans sa maison deux peaulx en poil l’une de creston et l’autre de chèvre qu’il disoit estre d’un nommé Normand, de Châteauneuf. ».

Cette attestation est faite par devant  M e Jean Lacroix, notaire de la ville, en présence de M’ Bernard Aranoys, praticien, et Bertrand Camps (6).

Guillaume Tisné exerçait encore la profession de  Blanchier en 1649. Il la transmise à son fils Bertrand, qualifié de marchand blancher.

Ce dernier, suivant acte du  9 avril 1690, prend comme apprenti Jean Fornier, fils de M e Jean Fornier, avocat en la Judicature d’Aure, pour une durée de trois an-nées, moyennant la somme de 50 livres, payables dudit jour à la Saint Michel de septembre, et l’entretenir d’habits pendant la durée de l’apprentissage. De son côté, Bertrand Tisné procède montrer à son fils le métier de blancher et donner colleur aux peaux et aux draps. Le traité (7) conclu par devant M° Jean Sale, notaire, est rédigé dans les termes suivants :

« L’an mil six cens quatre vingt dix et le neuviesme jour du ùois d’avril, dans la ville d’Arreau, Bernard Tosné, marchand blancher, habitant de la dite ville, a pris pour apranti au mestier de blancher Jean Fornier, pour trois années pendant les-quelles le d[it] Tisné sera tenu lui montrer led. mestier moyennant la some de cin-quante livres t[ournois] que M e Jean Fornier, avocat de la Judicature d’Aure, ha-bitant de lad, ville, promet payer entre ci et la prochaine  fête de saint  Michel  de septembre,  sur  peine led.Tisné de montrer led. mestier de hiancher aud. Jean Fornier et de donner colleur aux peaux et aux draps s’il en teint, laquelle some led. s[iei]r Fornier, avocat, payera à la décharge dud. sr Fornier aprantif, comme il a dit, et sera tenu led. Fornier, avocat, de tenir habilhé, pendant led. aprantissage, de toute sorte d’habits led. sr Jean, et au cas où led. aprantif abandonnera led, apran-tissage sans légitime excuse, il sera permis aud. sr Tisné de prendre un autre apran-tif aud. mestier au dépens dud. sr Fornier avocat; comme aussi au.cas led. sr Tisné ne montreroit led. mestier aud. aprantif et qu’il le congédierait sans cause légitime, qu’il sera permis aud.sr Fornier de mettre led. aprantif sous autre maistre blancher pour apprendre led. mestier.

Présents, Bertrand Coma, marchand, et Guillaume Sabatier, baile royal, habitans de lad. ville.

J. SALE, notaire. »

L’industrie des Blanchiers dut disparaître au XVIII° siècle.

(1) Le  Costume,  Index  alphabétique  aux  mots  Pélissier et Pélice p. 589.

(2)  Ibid., au  mot  Pourpoint, p. 593.

(3)  Nom  de lieu auquel a  été substitué à tort  celui  d’Oule.

(4). .Archives  communales de Vielle-Aure

(5) Jeune animal châtré.

(6) Registre Fos 53-54.

(7) Fonds Me Gaston Combes, notaire d’Arreau.

Source : Fr Marsan -AdHP – 3JB8-1934 p56 -

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