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Des Hommes valeureux

Cap de Long – Pragnères

L’eau au sommet de sa force

Sur le chantier de Cap de Long, en 1949, on dénombre un effectif d’un millier hommes en activité. Dans la vallée des Gaves, sur les nombreux chantiers ouverts, durant l’année 1951, ce sont 3 350  ouvriers, une centaine de techniciens et de contrôleurs de chantier appartenant à l’électricité de France qui sont à l’œuvre.

Qui sont ces hommes, d’où viennent-ils ?

Un extrait du livre de Pierre ROUSSEAU, intitulé « Glaciers et torrents – Energie et Lumière » édité en 1955 répond à ces questions.

 » Les ouvriers de nos chantiers de travaux publics, me déclara le docteur NUSSBAUM, médecin-chef du centre médico-social de Luz, ne ressemblent guère aux ouvriers d’usine. Ils ont gardé beaucoup du caractère des anciens compagnons du tour de France. Ce qui ne saurait leur convenir, c’est de passer chaque matin devant le même mur d’usine, d’entrer par le même portail, pour répéter les mêmes gestes devant la même machine. »

L’ouvrier de Pragnères est mineur, grutier, mécanicien,téléphériste, électricien, monteur de conduite forcée. la plus part du temps avant de venir s »embaucher ici, il a déjà travaillé sur un chantier analogue, qu’il a du quitter à l’achèvement des travaux. de même qu’il quittera Pragnères quand Monsieur Corniglion-Molinier, Ministre des Transports, des Travaux Publics et du Tourisme viendra inaugurer la centrale, pour se rendre, peut-être, sur les nouveaux chantiers ouverts à Montpezat ou à Serre-Ponçon.

Comment les conditions exceptionnelles de son labeur ne forgeraient-elles pas à cet ouvrier une âme hors de la commune mesure ?

« Il vit dans des cantonnements isolés, ajoute le docteur Nussbaum, d’où, en principe, il descend tous les quinze jours. Mais la route est longue, les intempéries fréquentes, le téléphérique pas toujours libre…Il est souvent marié (65,4 p.100 chez les mineurs). Sa famille a rarement pu trouver à se loger à proximité. A son jour de repos il ne peut songer à aller chez lui et les conséquences morales en sont lourdes… »

Il exerce un métier dur, brutal, qui le met en perpétuel face à face avec le danger, chutes, éboulements, avalanches, explosions de mines. Par les grandes tempêtes de neige, le chef, là-bas, à Luz, grille d’anxiété: « Que se passe-t-il là-haut ? les téléphériques tiennent-ils ? » Et de téléphoner en pleine nuit pour savoir comment se comportent les chantiers. On lui apprend alors qu’un agents de l’E.D.F. a été emporté par une avalanche, qu’un ouvrier, affolé par une panne de téléphérique, s’est tué en se jetant sur le sol… Vingt quatre morts en tout depuis le début des travaux.

Quels sont donc les hommes capables de mener cette existence et de s’y attacher au point de devenir nomades, plus souvent encore des exilés. Après leur tragique défaite, combien de républicains espagnols trouvèrent un refuge sur les chantiers français ? En 1951 on comptait à Pragnères, 40,9 % d’Espagnols, 31,1 % de Français, 23,3 % de Nord-Africains  5,7 % autres provenances.

Il est symptomatique qu’avec un recrutement aussi disparate, cette main-d’œuvre soit animée d’un remarquable esprit d’équipe, et, pourrait-on dire, d’une foi collective. Avec quelle puissance l’importance de leur travail ne doit-elle pas s’imposer pour que tous en aient conscience  depuis l’ingénieur jusqu’au plus humble des manœuvres ? Mais en pleine nature, en plein ciel, aux prises avec les éléments, comment les hommes les plus rudes ne seraient-ils pas saisis par l’ampleur de leur œuvre?

Extrait du livre de Pierre ROUSSEAU, intitulé « Glaciers et torrents – Energie et Lumière » édité en 1955 .

Photographies Alix, Fonds Photographique Eyssalet, Ville de Bagnères de Bigorre

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