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Cinquantenaire de la S.H.E.M. – Annexe III

Annexe III

Travaux du Louron de 1929 à 1932

Dès l’ouverture du chantier de la route Loudenvielle-Tramezaygues, on montait à Tramezaygues par un chemin de chars. Les paysans, avec leurs bœufs traînant des tombereaux de 750 litres, furent immédiatement mis à contribution; il y en avait une vingtaine à la fois. Ils furent très contents d’être ainsi employés et de gagner de l’argent dès l’automne 1929 : ceci permit d’améliorer les relations avec la population locale, un peu tendues par moments. Par la suite, peu de gens du pays travaillèrent en permanence pour la S.H.EM., mais ils donnaient des coups de main, pour les transports, pour tirer les câbles des téléphériques de chantier (on les portait à dos d’homme  à raison d’un homme touts  les dix mètres) etc.

Les camions purent accéder à Tramezaygues dès le printemps de 1930, la route, avec un tracé parfois différent de celui du chemin, étant achevée en juillet.

Lorsqu’on commençait un chantier, on logeait le personnel dans des tentes, type « Pic du Midi », ainsi appelées parce qu’elles avaient été mises au point par un ingénieur de M. Thévenot au moment où M. Paul avait fait construire la route touristique du Pic du Midi. Ces tentes avaient un double toit et un plancher en panneaux préfabriqués; chacune abritait dix hommes.

Ensuite on montait des baraquements ; charpente métallique, bardage en bois, couverture en carton bitumé; les éléments faisaient dix mètres de longueur.

A peine arrivées de l’Ossau, les équipes se mettaient au travail, avec des pelles et des pioches au début, avec des engins (compresseurs…) dès que ces derniers étaient ramenés d’Artouste. On installa immédiatement un câble de chantier Tramezaygues­-Santête capable d’une tonne pour attaquer avant l’hiver la galerie Santéte-Lassoula, et le génie civil des téléphériques.

Un poste provisoire 60/15 kV fut monté à l’usine de Loudenvielle et on tira une ligne 15 k V qui, en 1930, atteignit Caillaouas et amena l’énergie partout.

Il n’y avait pas de chasse-neige; une chenillette de l’armée en faisait l’office et on déneigeait beaucoup à la main; d’ailleurs, les chantiers fonctionnant l’hiver, le problème ne se posait qu’après les chutes ou tempêtes de neige et, de toute façon, un chasse-neige n’est utile que jusqu’à Tramezaygues.

Avant même que des câbles de chantier atteignent Lassoula (il y en eut deux: dès l’été 1930, un de Santête à la fenêtre 4 de la galerie, un second de la fenêtre 4 à l’emplacement de l’usine), une équipe monta par le sentier des Ponts et Chaussées et tout de suite commença les fouilles le 2 mai 1930. On sait que le bâtiment d’usine fut couvert en novembre! D’autres équipes s’installèrent au Couartaou pour percer la galerie vers le lac, s’occuper du téléphérique et du génie civil de la conduite de Lassoula dès qu’un câble de chantier atteignit le Couartaou (pendant l’été). A la fin de l’été 1930, on cinquième câble desservait la fenêtre 0 (maintenant station de pompage de Pouchergues) et une voie de 60 était posée jusqu’au lac.

A l ‘automne, le percement du puits vertical de 80 mètres au bord du lac (on avait tenu compte du niveau qu’aurait le lac après construction d’un barrage jusqu’à la cote 2171) et celui de la galerie de 600 mètres (sans fenêtre) vers la prise d’eau définitive étaient commencés. Cette galerie, percée dans un bon granit avança régulièrement de quatre mètres par jour. Les mineurs, presque tous espagnols, très entraînés dans l’Ossau, étaient très bons. Tous ces hommes qui furent jusqu’à 1 200 logeaient dans sept groupes de baraquements: à Tramezaygues (jusqu’à 300 hommes), à Santête, à la fenêtre 4 de Lassoula, à Lassoula (jusqu’à 250), au Couartaou, à la fenêtre 0, au lac. Le ravitaillement était assuré par la S.H.E.M., puisqu’il s’agissait de travaux en régie, et la nourriture généralement bonne. Les conducteurs de travaux étaient logés sur le tas et avaient parfois du mal à « tenir » leur monde: il fallait avoir l’œil pour intervenir avant que la moindre dispute ne dégénérât. Mais les gens étaient vaillants (on ne gardait pas les autres) et le travail avançait.

Au début de 1931, la galerie Couartaou fenêtre 0 était terminée et le montage de la conduite forcée commençait. A l’automne toutes les conduites forcées auront été montées (Lassoula. Tramezaygues, Lapès, Couartaou fenêtre 0). A cette époque également le puits de Caillaouas et la galerie SOuS le lac sont achevés. La percée sous lacustre doit s’effectuer par tranches (la première galerie débouche juste au-dessus du niveau de celle de l’agriculture à la cote 2140. voir profi1 en long du tableau II): la percée suivante a lieu le 13 octobre 1931 à la cote 2 126 m et elle se fait en charge. l’eau s’écoulant dans le ravin par la fenêtre 0.

Pour les deux autres galeries, l’usine de Lassoula devant être capable de produire des kWh dans deux ou trois mois, M. Leclerc du Sablon refuse de perdre l’eau. Des pompes sont prévues pour pomper l’eau du lac dans le puits, la galerie de prise d’eau et les conduites forcées; on perce alors une galerie qui débouche à ciel ouvert dans Caillaouas à la cote 2105. Mais les pompes sont en retard, On commence par siphonner sur quelques mètres ! Les huit pompes Sulzer, montées sur deux radeaux, peuvent refouler 4 m3/sec, sur 18 mètres de hauteur. Leur mise  en œuvre en plein hiver, sur un lac gelé, ne fut pas facile. Pour abaisser le niveau à la cote 2087, celle de la galerie de prise, 11 millions de m3 sont pompés! Ces eaux sont turbinées dès février à Lassoula, Fin avril 1932, la galerie débouche dans le lac ; mais en mai, les travaux de la prise d’eau sont gênés, car une fonte précoce a provoqué des apports qui dépassent la capacité des pompes.

Dés cette époque, les parachèvements et le repli commencent: ils dureront jusqu’à la fin de 1932,

Ainsi, après quarante mois de travaux, l’aménagement complexe de la haute vallée du Louron se terminait. Les chantiers furent marqués par des accidents assez nombreux: une dizaine d’hommes furent tués dans le Louron, dont plusieurs par accident de montagne. Mais le moral du personnel resta toujours bon et il n’y eut pratiquement pas de grève. Seule la cohabitation d’effectifs nombreux, de nationalités et de mentalités différentes, et confinés l’hiver dans leurs baraquements exigea des chefs d’équipes et conducteurs de travaux une grande vigilance et une fermeté n’excluant pas la diplomatie.

La plupart des renseignements qui précèdent, nous ont été donnés par M. Serise, ingénieur chef de l’ensemble des chantiers de 1929 à 1932, et par M. Bazus, conducteur de travaux qui dirigea le chantier de Caillaouas et effectua la percée sous lacustre en charge à la cote 2126 m le 13 octobre 1931. M. Bazus et M. Serisé nous ont également prêté plusieurs photographies.

Le Barrage de Pouchergues.

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