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Cinquantenaire de la S.H.E.M. : Annexe II

ANNEXE II

Le Louron (avant 1929)

I. – Géographie physique

Dans les Pyrénées. le nom d’un torrent change souvent dès qu’on arrive à un confluent. Remonter un fleuve, ou une rivière jusqu’à sa source est une conception des géographes, afin de pouvoir reporter sur une carte un tracé bien défini et comparer les longueurs des grands cours d’eau…

En fait la Neste du Louron et la Neste d’Aure se réunissent à Arreau pour former la Neste, qui se jette dans la Garonne à Montréjeau. La Neste du Louron prend naissance juste en dessous de l’usine de Tramezaygues, au confluent des Nestes de Clarabide et de Lapés. L’aménagement de la S.H.E.M. se situe à l’amont, sur différentes Nestes et dans une zone où la géologie est très tourmentée. comme dans toutes les Pyrénées centrales. D’après les spécialistes, les Pyrénées se seraient formées au début de l’ère tertiaire (époque éocène) il y a environ 60 millions d’années par resserrement des « plaques » européennes et ibériques, ce qui explique une schistosité très redressée. En remontant le Louron on trouve des calcaires puis des schistes, et dans la partie haute des schistes (au pic Schrader) des granits (plate-forme de Lassoula), des gneiss, des quartzs (comme à Caillaouas) etc. Dans l’ensemble, les percements de galeries de la S.H.E.M., ne présentèrent pas de grosses difficultés : l’exécution de celle du Lapés fut, selon M. Leclerc du Sablon «  assez pénible » et celle de Santête-Lassoula gênée par les éboulis lorsqu’elle arriva dans le bassin de Lassoula. Du Couartaou à Caillaouas, le rocher est bon. Il faut préciser que les équipes de mineurs étaient excellentes, entraînées dans l’Ossau depuis plusieurs années, et qu’elles savaient opérer en terrain mauvais.

IL – Histoire

Le Louron, vallée reculée, a été moins touché que d’autres vallées. par les guerres, invasions, etc. qui ont affecté la plaine. Contre les Maures, les Louronnais furent les alliés du roi d’Aragon. Charlemagne rattacha leur vallée au Comté du Comminges, le comte de Comminges ayant aidé l’Empereur en Espagne. Mais, au 14ème siècle, le comte de Comminges s’allia aux Aragonnais contre le comte de Foix; Philippe VI de Valois donna alors le Louron, avec l’Oueil et le Larboust à Rogé d’Espagne, surnommé l’Espagnoulet, qui avait sauvé le roi à Crécy en 1346. Rogé d’Espagne se montra très généreux pour l’époque: il laissa le droit de pacage et de culture sur ses terres aux paysans, moyennant une soulte, et il créa le droit d’usage des forêts. Les de Montespan apparurent dans la famille en 1356. Deux siècles plus tard, un Rogé d’Espagne de Montespan (mort en 1577) reprit l’œuvre de l’Espagnoulet: il donna certaines forêts aux collectivités, établit des règlements forestiers pour éviter le déboisement, borna les territoires communaux (dont les limites sont toujours les mêmes), créa ou consolida les droits d’usage dans les forêts et les pacages… C’est de cette époque, au 16ème siècle, que datent les quatre Véziaux (ou quatre voisins), qui existent toujours et avec lesquels les relations ne sont pas toujours faciles; ils sont maintenant un nombre indéterminé (140 environ), ne possèdent généralement que des droits d’usage ayant plus de quatre siècles, et ne sont pas totalement dépouillés de la mentalité de l’époque.

Au 17ème siècle, à la suite d’un héritage féminin, le Louron passa aux Pardeilhan de Gondrin. L’un d’eux épousa en 1663 une marquise de Montcspan, celle qui fut la maitresse de Louis XIV. Malgré un tel honneur, Louis-Henri de Gondrin ne fut pas content et le dit. Le roi le fit jeter en prison. Ses amis réussirent à le faire libérer à condition qu’il retournât sur ses terres, et le Louron abrita ainsi le plus célèbre mari bafoué du royaume. En 1761, à la suite d’un partage, c’est une dame de Pardeilhan Gondrin qui hérita du Louron; son mari, un Crussol d’Uzès, dut émigrer à la révolution. Il revint en 1806, lorsque Napoléon laissa revenir les émigrés et leurs restitua leurs biens.

9 décembre 1932; le repliement: la dernière benne au départ du Couartaou.

La vallée accepta ce retour. Marie-­François de Crussol d’Uzès vendit « ses forêts et vacants »; les paysans étant trop pauvres, des «  estrangers» achetèrent une partie des biens, mais le droit d’usage, créé dès le 141ème siècle par Rogé d’Espagne, fut maintenu.

Jusqu’au début du 20ème siècle, les habitants du Louron vécurent en économie fermée: l’activité était agricole, essentiellement sylvo-pastorale. La transhumance apportait quelques ressources supplémentaires. L’élevage des moutons se développa au 16ème siècle, les laines de la vallée étant appréciées. Au 18ème siècle, les troupeaux furent décimés par la maladie, mais le cheptel ovin et bovin s’accrut dans la deuxième moitié du siècle. C’est l’époque où la création d’un haras royal à Adervielle entraîna des protestations tandis qu’un projet de route vers l’Espagne, avec creusement d’un tunnel au fond du cirque du Lapes, conçu par L’Intendant d’Etigny, échoua: aujourd’hui, ce projet nous paraît avoir été bien présomptueux,  techniquement el économiquement.

L’apogée de l’élevage louronnais se produisit au 19ème siècle, les événements extérieurs à la vallée (empire. royauté, empire, républiques..)  ayant peu ‘ d’influence: c’est l’époque où la population atteignit

3 500 habitants, pour retomber à 3 000 en1900, à 1 000 en 1968 et sans doute à 600 ou 700 résidents effectifs actuellement. L’exploitation forestière a connu un certain développement, mais reste modeste lorsqu’on la compare à celle  de la Vallée d’Aure

Au début du 20ème siècle diverses petites mines de manganèse s’ouvrirent, qui fermèrent par la suite, sans jamais avoir atteint une activité importante. L’aménagement hydro-électrique, par ses chantiers, réveilla un peu la vallée; mais, ceux-ci terminés, l’exploitation et l’entretien des usines n’apportèrent plus que des ressources modestes. L’ouverture de la route Luchon-Bagnères.de-Bigorre par le col de Peyresourde, ne rompit guère l’isolement. Malgré l’existence de sources, le thermalisme ne se développa pas.

Il reste le tourisme: deux stations de ski, face à face et rivales (l’une est privée à Peyresourde, l’autre intercommunale à Val Louron) sont installées. Arrivera-t-on à compléter ces équipements, à attirer plus de touristes (en dehors des pyrénéens confirmés) dans celte profonde vallée, ces montagnes austères, mais grandioses ? Et pourtant, en mai, lorsque les sommets sont enneigés et les prairies et les arbres d’un vert tendre. la vue depuis Avajan est d’une grande beauté.

9 Juillet 1940: le barrage de Caillaouas presque terminé.

Au 18′ siècle, un projet de route vers l’Espagne, empruntant le vallon du Lapès, avait avorté. Au 19ème, il s’agissait d’utiliser l’eau. En 1838, l’Association des Ponts et Chaussées lançait une étude de la distribution de l’eau avec un double but,

- Prévenir les inondations

- Irriguer le nord du plateau de Lannemezan, les coteaux du Gers étant très secs et l’alimentation des rivières coulant vers le nord (Gers, Save, Baïse) ayant été coupée par ce plateau, qui a détourné la Neste vers la Garonne.

A la suite de cette étude, le Ministre des Travaux publics a présenté le 12 mars 1845 à la chambre des Députés un projet de distribution des eaux de la Neste; la notice de présentation était particulièrement lyrique. Le retard d’équipement de la région en terres irriguées (par rapport à l’Italie ou l’Espagne), disait-­elle, vient peut-être de ce que le Nord a trop longtemps pesé sur le Midi !… Il s’agissait tout d’abord de réaliser des percées sous lacustres à Cap de Long, Orédon, Caillaouas, etc., ensuite de construire de petits barrages pour remonter les seuils de déversement et augmenter ainsi la capacité des réservoirs.

Pour atteindre Caillaouas, il fallait d’abord un chemin; on améliora le sentier de Loudenvielle à Tramezaygues pour y faire passer des chars à bœufs. De Tramezaygues au lac, un sentier muletier, de un mètre de large, dont la pente ne dépassait pas 19 % fut construit en une saison, de mai à octobre; dans les virages, la largeur atteignit l,50 m. Sa longueur dépassait 12 km alors qu’à vol d’oiseau la distance Tramezaygues-Caillaouas est de 3,7 km. Il fallut ensuite trois saisons pour creuser à la main une percée sous lacustre de 184 mètres de longueur (18 mètres au-dessous du niveau normal de Cail­laouas qui était à 2 155 m), mettre un bouchon et douze conduites avec robinets (de diamètre maxi­mum 0,30 m) et remonter le seuil de déversement avec un petit barrage. Bien que de dimensions modestes, les robinets de 0,30 m posèrent des problèmes de transport terribles, ils pesaient 250 kg. On construisit un chariot spécial tiré par un seul bœuf sur le sentier muletier et polissé, ripé à la pince dans les virages, par des hommes forts. Il fallait trois jours pour monter de Tramezaygues au lac. En 1898, la percée était en service avec sa réserve utile de 6000 000 m3 d’eau.

Pendant la guerre de 1914-1918, le service des poudres fit construire deux centralcs à Loudenvielle et Bordères, qui furent reprises par la S.P.A. ; et, en 1929, la S.H.E.M. commença l’aménagement hydroélectrique de la haute vallée.

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