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Contruction du Barrage de Cap de Long [14].

Histoire locale

L’Histoire des Complexes

Hydrauliques en Haute Vallée d’AURE (épisode N° 14)

Construction du Barrage de Cap de Long

Par Joseph BRUNET

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Suite perforation des galeries :

Le forage de la volée suivante était également entrepris en 2 mètres de longueur. Un fleuret coromant de 0,80 de longueur et taillant de 40 m/m de largeur, était utilisé pour ce début de perforation. Il était aussitôt remplacé par un second de 2,40 de longueur et d’un taillant de 35 m/m afin d’éviter le blocage de ce dernier. Dès que toute la perforation était terminée, l’opération la plus délicate consistait à effectuer le chargement en explosifs de la volée pour le sautage. Dès cet instant, le repli de tout le matériel était effectué ainsi que le phare à air comprimé et ce à distance, hors de portée de la projection des déblais lors du sautage.

A cette époque, pour des raisons de sécurité, seul l’éclairage par lampes acétylène était autorisé et imposé à l’avancement lors du chargement en explosifs de la volée. A noter qu’un éclairage électrique éclairait la galerie « en 24 volts » jusqu’à environ cinquante mètres en retrait de l’avancement. Les explosifs et les détonateurs électriques étaient transportés séparément, et approvisionnés au front d’attaque.

Description des détonateurs :

Les électriques à micro-retard en milliseconde, étaient en cuivre et comportaient deux fils conducteurs de 2 mètres de longueur, un rouge et un bleu, ainsi qu’une étiquette mentionnant leur numéro de retard. Ils étaient et sont cylindriques et d’un diamètre de 6 m/m. La longueur du plus court le N° 0 était de 4cm, les suivants leur longueur allant en augmentant par N° croissant, pour atteindre 10 cm pour le N° 10.

Les détonateurs à mèche lente étaient en aluminium d’un diamètre de 5m/m et comportaient deux compartiments. A mi-longueur, la partie vide où se logeait la mèche lente et qui était sertie à l’aide d’une pince spéciale. La partie restante contenait la poudre explosive.

Préparation des charges et chargement de la volée

Le chef de Poste assisté d’un mineur, créait à l’aide d’un poinçon impérativement en bois < du buis > le logement du détonateur et introduisait ce dernier dans le bâton de dynamite. A l’aide des deux fils conducteurs, une double boucle était effectuée à l’autre extrémité. Chaque détonateur comportait sur une étiquette son numéro de retard en milliseconde. Pour éviter toute erreur, chaque bâton d’explosif chargé était aussitôt introduit dans son forage correspondant suivant le plan de tir.

A partir du centre, du n° 0 et par retard croissant  « voir plan de tir », le bâton de dynamite comportant son détonateur était introduit dans le forage, et à l’aide d’un bourroir cylindrique en bois et de diamètre approprié, était prudemment poussé au fond du forage sans toutefois le comprimer. D’une main, les conducteurs électriques étaient légèrement tendus jusqu’à la fin de l’introduction des explosifs. Le nombre de bâtons d’explosif introduit, était évalué par le chef de Poste et déterminé par la nature du terrain, et suivant dureté de la roche rencontrée.

L’extrémité du forage ne comportant pas d’explosif, était remplie de papier kraft  « sacs de ciment vides pour supprimer toute prise d’air »  légèrement comprimé mais sans a coups.

Dès la fin du chargement de tous les forages, les conducteurs électriques des détonateurs étaient reliés entre eux par n°croissants, puis les deux fils restants reliés à la ligne de tir sur bobine. Cette dernière était déroulée lors du repli du personnel jusqu’à une distance suffisante de sécurité. Lorsque le chef mineur avait procédé à l’appel de chacun, il effectuait le sautage de la volée à l’aide d’un exploseur, par une décharge électrique de 500 volts.

Trois sortes d’explosifs existaient à l’époque. La cheddite pour les terrains « hétérogènes  non compacts », la tolamite plus puissante pour les schistes de bonne tenue, et enfin la plus puissante de l’époque, la gome B.A.M pour les roches compactes et très dures telles que le quartz ou le granit.

Lors d’un sautage, une charge pouvait ne pas exploser, détonateur défaillant « ce n’était pas fréquent mais dans ce cas, son déchargement était, et est toujours formellement interdit » Avant de procéder au chargement des déblais et pour remédier à ce danger, une nouvelle perforation était aussitôt entreprise, décalée de 20 cm minimum, et exécutée très parallèlement à celle comportant la charge. C’était le chef mineur qui l’effectuait. La nouvelle charge faisait exploser l’ensemble.

Le métier de mineur en galerie comportait des contraintes physiques pendant 8 heures, par les bruits très puissants et constants des 3 ou 4 perforateurs, le sifflement strident du phare à air comprimé identique à celui d’une sirène, du moteur à air comprimé de la chargeuse Eimco, ainsi que ceux provoqués lors du marinage  « évacuation des déblais »  par les basculements répétés des déblais dans les wagons. Par ailleurs, la rame de ces derniers en roulage dans une galerie de moyenne section, exigeait de la part de chacun une attention constante, car l’espace libre entre ceux-ci et les parements était très restreint.

Après la fin du marinage « évacuation des déblais en décharge à l’extérieur » à l’aide de barres à mine, obligation était faite de sécuriser la voûte et les parements. Cela s’appelle en terme de travaux publics « purger la roche » c’est à dire provoquer la chute des blocs non solidaires qui pourraient blesser gravement.

Malheureusement, de nombreux mineurs ne positionnaient pas la jugulaire de leur casque sous le menton. De ce fait, la chute de la première roche sur le casque faisait tomber celui-ci, et si une deuxième se produisait aussitôt, elle atteignait le crâne blessant gravement, voire même provoquer un accident mortel.

De plus, à l’époque les mineurs avaient un salaire de base, taux horaire x par le nombre d’heures, des primes d’altitude et d’assiduité non négligeables, mais la plus importante était la prime de rendement déterminée par l’avancement réalisé à la quinzaine ; cette dernière très convoitée pouvait de temps à autre provoquer un relâchement de la rigueur des consignes de sécurité imposées.

En moyenne, la longueur perforée journalière cumulée des 3 postes était de l’ordre de 5 à 6 mètres en avancement normal, c’est-à-dire sans soutènements.

Un jour de paye, Monsieur Pierre LAURENS nous annonça, lors de sa venue à nôtre bureau du magasin, Messieurs, les chefs de Poste mineurs en galerie au chantier de Cap de Long, gagnent plus que le Directeur du chantier.

A suivre.

Crédits photos: Ville de Bagnères de Bigorre, Fonds photographique EYSSALET.

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