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Construction du Barrage de Cap de Long [9].

Histoire Locale

Complexes hydrauliques en

Haute Vallée d’Aure (épisode N°9)

Construction du Barrage de Cap de Long.

Par Joseph BRUNET


Ciment en vrac : Approvisionnements, transports et stockages.

1° Pour assurer une souplesse d’approvisionnement, il fut acheminé par fer et deux rames de 15  wagons container chacune, de la Cimenterie LAFARGE de Sète à  Arreau. A l’arrivée, leur contenu était     refoulé dans les silos par air pulsé à 2kg de pression, par les deux pompes Fuller.

Vue panoramique de la Gare. On distingue les silos à ciment où les camions « Diamond » containers chargeaient par gravité. A gauche une rame de 15 wagons containers en attente de déchargement. Au second plan, vue partielle d’Arreau.

Le ciment était ensuite acheminé par route à Cap de Long par camions container Diamond, et dépoté dans 4

silos d’une capacité totale de 2.000 tonnes. Cet important stockage total de 3.600 tonnes répondait

aux deux exigences impératives suivantes:

2°En effet, la fabrication du béton étant formellement interdite avec du ciment chaud, l’importante capacité de stockage précitée assura son refroidissement.

3° Impératif aussi de respecter le schéma général arrêté par E.D.F dans le strict délai découlant du programme de Pragnères.  Il accordait 4 campagnes estivales 1950-1951-1952 et1953 pour l’édification du gros œuvre. Ce planning imposait une sécurité absolue de fonctionnement, le chantier ne devant connaître aucun arrêt, ni aucune rupture d’approvisionnement de ciment dans le cours d’une campagne. Monsieur Laurens confia à Monsieur Rouquier, la responsabilité de réceptionnaire et d’expéditionnaire en gare d’Arreau-Cadéac.

Transport du Ciment en vrac par Camion Diamond  container de la Gare d’Arreau-Cadéac à Cap de Long :

Estimation du tonnage transporté 82.500 tonnes environ, pour la réalisation des ouvrages ci- après ; injections voile fondation et contact rocher, prises d’eau, bétonnage barrage et digue, injections de clavage, prolongement évacuateur de crue ainsi que la galerie de restitution et de vidange. Ouvrage tête d’hiver et le pont d’accès à la fenêtre 1 sur le ruisseau de restitution.

Total des rotations de transport: 82.500 : 15 t =  5.500 : montées puis descentes à vide, par les chauffeurs en service: Messieurs Miguel, Molina, Carrère, Lopez, Garcia, Sartor « dit Copy », Mir M, Escartin, Mr Rumeau Père « Transports Laffitte ». Bien entendu suivant disponibilité de dépotage aux silos de Cap de long.

Les Diamond étaient chargés de 15 tonnes sous les silos en gare par écoulement libre. Distance Arreau-Cap de Long 35,5 km. Ces camions étaient équipés de deux boites à 21 vitesses « courtes et longues » avec deux leviers d’enclenchement en cabine. Lorsqu’ils arrivaient à Fabian, le camion était immobilisé afin d’enclencher le rapport le plus court pour la montée jusqu’au chantier pente 10%. Puis, à l’aide du compte tours moteur, le régime de ce dernier était réglé par tirette d’accélérateur située au tableau de bord. Ces moteurs chauffaient énormément 50 à 60 degrés en cabine, malgré les vitres abaissées et le pare-brise ouvert à l’aide des secteurs latéraux. Le chauffeur démarrait son camion, et maintenait de sa main gauche la portière ouverte, s’installait debout sur le marche pied, d’où il conduisait de la main droite, torse nu et en short. Il ne regagnait son siège que lorsqu’une voiture allait le dépasser ou dès qu’un camion ou un véhicule descendait. De Fabian à Cap de Long 14 km, leur vitesse d’ascension était de l’ordre de 8 à 12 km/h. Ces camions étaient équipés d’avertisseurs sonores à dépression « plusieurs trompes à air comprimé ». Ils étaient souvent sollicités pour signaler leur présence aux véhicules descendants, car les zones de croisement n’étaient pas nombreuses : priorité aux véhicules qui montaient. Après dépotage, la descente s’effectuait à 40 ou 50 km/h vitesses enclenchées, puis à partir de Fabian au frein « c’est-à-dire au point mort pour rouler plus vite  ». Ces véhicules  étaient dotés de freins assistés à air comprimé très puissants : « Les secteurs de freinage à l’époque équipés de garnitures ferodo rivetées, étaient remplacés très souvent en un temps record à l’atelier du parc à St Lary, et les tambours dépoussiérés. Au parc en garage, 10 camions Diamond container entièrement révisés, étaient garés en secours pour pallier à l’entretien, aux pannes et réparations, pleins en gas-oil effectué, soit 400 litres dans les deux réservoirs latéraux, véhicules toujours prêts à démarrer. Dès 1951, des rotations de transport de ciment en vrac furent également programmées de nuit, en raison de l’augmentation journalière du cube de béton mis en place.

D’autre part, des transports de ciment en sacs étaient approvisionnés par des camions Diamond à benne à partir des Cimenteries Lafarge de Boussens, notamment pour les stations de bétonnage installées en galerie, et équipées de transporteur à béton à air comprimé type Jony.

Anecdote



Au mois d’Août 1952, le barrage près de la culée en rive droite avait quasiment atteint sa hauteur définitive. De nuit, le parement aval était très éclairé dans sa totalité. Sur ordre de son chef d’équipe, un matin à l’embauche, un ouvrier se rendit au point le plus bas du barrage afin de récupérer du bois de coffrage, et à l’aide d’un marteau et d’un arrache-clou, d’ôter toutes les pointes pour une prochaine réutilisation des planches et madriers. Lors de son arrivée au bas de l’ouvrage, il fut surpris de découvrir au sol contre le parement aval, des centaines d’oiseaux morts, à l’exception de plusieurs d’entre eux dont les ailes touchaient le sol et qui blessés, ne pouvaient pas s’envoler. Lorsque la sirène retentit annonçant douze heures, il se dirigea comme chaque jour à la première cantine, la plus proche. Il se rendit au comptoir pour acheter sa ration de pain et les 25 cl de vin. Il salua Mr Esquirol le gérant qui arborait toujours un sourire « commercial » et lui fit part de sa découverte. Intrigué, quelques instants après Mr Esquirol vint à sa table et lui demanda qu’après avoir terminé de déjeuner, s’il voulait bien l’accompagner pour voir ces volatiles. Ils s’y rendirent, et quelle surprise lorsqu’ils arrivèrent sur le lieux.  Mr Esquirol s’écria < mais ce sont des cailles >. La caille est un oiseau voisin de la perdrix dont sa longueur est de l’ordre de 18 cm et sa chair est très appréciée « faute de grive ou de caille on mange du merle ».

De retour à la cantine et après la fin du repas, il vint avec la plupart de son personnel récupérer dans des sacs tous ces volatiles. Plusieurs mineurs qui étaient de repos l’après-midi l’aidèrent à plumer plusieurs dizaines de ces oiseaux. Les cailles sont des oiseaux migrateurs nocturnes. L’éclairage du parement aval du barrage les attira, et ces malheureux le percutèrent ce qui justifie que le lendemain ils gisaient au bas de l’ouvrage. Mr Esquirol nous confia qu’il se rendit chaque matin pendant plusieurs jours après sur les lieux, mais qu’il n’en récupéra que quelques dizaines. La migration des cailles est de courte durée, au printemps et en été, de plus ces oiseaux ont un vol relativement court par rapport  à celui des perdrix, qui elles planent sur des distances de plusieurs centaines de mètres avant de se poser.

A suivre.

Crédits photos : Ville de Bagnères de Bigorre, Fonds photographique EYSSALET.

2 Commentaires »

  1. avatar comment-top

    Madame,monsieur,

    Notre association a entrepris de raconter la vie d’un habitant de Cazaux-Debat, Jean Bégué.

    Ce dernier a été chauffeur chez Franque (je ne suis pas sur de l’orthographe)chez Laffitte, peut-être chez Brunet. Nous recherchons des éléments (annecdotes le concernant ou plus généralement sur les grands chantiers de l’époque, photos) concernant cette période de sa vie, où il a participé notamment à la construction des barrages de l’Oule, de Cap de Long.

    D’avance, merci

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  2. avatar comment-top

    Madame, Monsieur,

    Nous avons le regret de vous dire que nous ne possédons pas d’élément concernant la vie de Monsieur Jean Bégué de Cazaux-Debat.
    Seules les archives des entreprises dans lesquelles il a travaillé pourrait éventuellement répondre à votre demande. Certains acteurs du chantier de Cap de Long-Pragnères sont toujours en vie. En ce qui concerne le chantier de Cap de Long- Pragnères, le CEDAS a programmé en partenariat avec EDF et le Fonds Photographique EYSSALET-Ville de Bagnères de Bigorre, une exposition conséquente pour 2013 (anniversaire des 60ans ). Quant aux photos nous avons des droits d’utilisation pour notre propre usage, mais n’avons pas l’autorisation de transmettre à autrui. Je vous conseille de vous rapprocher d’EDF et du Fonds Eyssalet.
    Désolé de n’avoir pu satisfaire votre demande.
    Cordialement
    Jacques TOUCHARD
    CEDAS Ancizan

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