Louis Vuitton outlet URL: http://www.designunlimited-uk.com/outlet.html
content top

Construction du Barrage de Cap de Long [7].

Histoire Locale

Complexes Hydrauliques en

Haute Vallée d’Aure (épisode n°7).

Construction du barrage de Cap de Long

Par Joseph BRUNET

Perforation des galeries.

Le début du percement de la première galerie la F 1 débuta le 15 septembre 1948. Les galeries ont été perforées avec les moyens traditionnels, c’est-à-dire avec des marteaux perforateurs Atlas-Polar de 22 kgs, et des poussoirs pneumatiques. Ces perforateurs à poignée unique étaient équipés de deux admissions : une à air comprimé à 7kgs de pression de service, une à eau pression 3 kgs. A l’intérieur du perforateur, un tube injecteur d’eau pénétrait dans l’emmanchement hexagonal en 25m/m x 108 m/m du fleuret coromant, qui était percé jusqu’au taillant en carbure de tungstène convexe pour l’évacuation des sédiments.

Cette source d’énergie d’air comprimé, assurait le fonctionnement des perforateurs, des poussoirs pneumatiques, de la chargeuse Eimco 21, du phare, et de la pompe d’épuisement lors des venues d’eau.

La pression d’eau assumait les fonctions suivantes, refroidissement   du mécanisme intérieur du perforateur, frappes et rotation du taillant, neutralisation totale de la poussière, évacuation des sédiments créés par les frappes et la rotation du taillant. Une bouteille métallique de graissage équipait chaque perforateur pour la lubrification de ses pièces intérieures.

La section d’écoulement libre conditionnait la section de déroctage, le nombre de perforations à effectuer par volée, qui était également déterminé par le chef de Poste suivant la nature du terrain rencontré, quartz, granit ou schistes.

Composition du personnel par poste de 8 heures.

A l’extérieur, un préposé à la surveillance de la station des compresseurs électriques

« production d’air comprimé » assurait le contrôle de la ventilation en galerie jusqu’à l’avancement, par un puissant ventilateur électrique et tuyauterie tôle de ventilation de 400m/m de diamètre. Insufflation d’air de l’extérieur lors de la perforation, et par inversion du sens de la rotation du ventilateur, c’est-à-dire par aspiration vers l’extérieur, des gaz de dynamite et des poussières lors de l’explosion de la volée, et ce jusqu’à la fin du marinage « chargement et évacuation des déblais ». Puis nouvelle insufflation jusqu’à la prochaine volée.

A l’intérieur « 8 hommes » 6 mineurs ainsi que les conducteurs de la pelle Eimco 21 et du tracteur. Une plateforme métallique de forage à 2 étages et réglables en hauteur, dont des plaques d’envols perforées constituaient les platelages, où le dispositif fourchu anti-recul des poussoirs pneumatiques était positionné. Sur la plateforme inférieure, un compartiment de stockage avait été crée pour entreposer les fleurets, les poussoirs et les perforateurs de rechange.

Le réglage de cette plateforme suivant la hauteur de perforation à réaliser, s’effectuait par transmission par chaîne à partir des quatre supports. Cette possibilité permettait le forage en voûte et parements à diverses hauteurs, notamment lors de la perforation en grande section pour les chambres de robinetteries et de vannages. Cette plateforme avait été conçue par les Ingénieurs mécaniciens E.I.T.P, Mrs Gallois et Bénages, puis fabriquée à l’atelier du Parc à St Lary.

Chaque Poste rentrant devait effectuer les travaux suivants : arroser abondamment les déblais du sautage de la volée déclenchée par le poste sortant, et ce jusqu’à la fin du marinage, car les gaz de la dynamite très toxiques et volatilisables devaient être neutralisés à l’intérieur des déblais, par l’écoulement rapide et très abondant de l’eau vers l’extérieur dans les cunettes « rigoles profondes crées lors de la perforation au bas de chaque parement ».

Charger à l’aide le la pelle Eimco 21 les déblais dans les wagons Iron-Car de 3 m3 et les transporter à l’extérieur en décharge, les rames étant tractées par tracteur Fenwick électrique. Pose d’un coupon de voie de 6ml si nécessaire.

La tuyauterie pipeline en diamètre 150m/m d’alimentation en air comprimée, était installée et allongée d’une longueur suivant avancement : pour des raisons de sécurité par les mécaniciens de service, qui étaient également chargés de réparer les fuites éventuelles aux points de jonction de chaque élément « remplacement du joint caoutchouc défectueux, ou repositionnement et resserrage des colliers métalliques » car ces dernières entraînaient une baisse importante de la pression à l’avancement, d’où, un ralentissement important de la cadence de perforation, du rendement et par la même un enclenchement constant des compresseurs.

Anecdote

La carrière était distante de 800 à 1200 mètres environ de la station de concassage primaire. Cette route sur laquelle les Dumptors transportaient la roche roulaient à vive allure, car l’entretien constant par 3 ouvriers et un rouleau compresseur de 10 tonnes, assuraient à ces engins un tapis uniforme.

Cet engin du être descendu sur une remorque surbaissée porte-char à l’atelier du parc à St Lary en raison d’une panne importante de moteur. Il fut immobilisé une dizaine de jours. Dès qu’il fut réparé, Monsieur LAURENS dit à Mr MOULIA chef des transports.

La route vers la carrière n’est plus carrossable, les conducteurs de ces engins « les Dumptors »  m’ont prévenu que si dans 2 jours le nécessaire n’est pas fait, ils arrêtaient tout transport. De plus, la station de concassage n’est plus suffisamment alimentée en roches.

Faites monter demain sans faute cet engin au chantier. Ce n’est pas possible répondit Mr Moulia car deux remorques sont en réparation à l’atelier, et la troisième est chargée. Je ne pourrai le faire monter qu’après demain.

Non : Répondit MR LAURENS débrouillez vous, cet engin doit monter demain sans faute, car j’ai promis et j’en fais une affaire personnelle. Mr Moulia se rendit à son bureau et quelques minutes après revint au nôtre, où Mr LAURENS était encore là.

Mr Moulia dit à Mr LAURENS, j’ai trouvé la solution il montera sans faute demain. Vous avez trouvé un autre moyen de transport ? non  Mr LAURENS, je le ferai « monter à pied ».

Mr Gabriel, Mr Terracol et moi-même, avons tous les trois éclaté de rire. Mr LAURENS répondit à Mr Moulia arrêtez cette stupidité et venez immédiatement avec moi à l’atelier mécanique.

Mr LAURENS après avoir conversé avec Mr Fortini < Chef d’atelier en mécanique générale > remercia ce dernier, qui lui assura qu’une remorque serait opérationnelle le lendemain en début d’après midi.

Mr Gabriel téléphona à nôtre Directeur à son bureau, et lui présenta des excuses pour nos éclats de rire. Il lui  répondit, « parfois on a du mal à se contenir, j’ai eu cette occasion tout à l’heure ».

A suivre.

Crédits photos : Ville de Bagnères de Bigorre, Fonds photographique EYSSALET.

Aucun commentaire »

Aucun commentaire.

RSS flux des commentaires de cet article. TrackBack URL

Laisser un commentaire