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Construction du Barrage de Cap de Long [5].

Histoire Locale

Complexes Hydrauliques en

Haute Vallée d’Aure (épisode 5).

Construction du Barrage de Cap de Long.

Par Joseph BRUNET

Transport du Personnel

Tous les samedis en fin de journée celui qui le souhaitait, avait la possibilité de descendre chez lui. De nombreux camions effectuaient le transport du personnel du chantier jusqu’à la gare d’Arreau.
Ces camions étaient équipés pour ce transport. Ils comportaient sur leur plateau pour chaque type de véhicule un bâchage soutenu par une charpente bois adaptée, qui conférait un abri étanche sauf l’arrière qui n’était pas fermé au dessus de la ridelle.

Cet abri était doté de quatre rangées de bancs solidaires de la charpente, disposés comme suit : un banc latéral contre chacune des deux ridelles. Un double banc au centre pour une position assise dos à dos. Sur la ridelle arrière, une échelle métallique amovible, comportant deux mains-courantes pour la montée et la descente du personnel en toute sécurité.

Le plus grand des camions (plateau de 10 m de longueur) le Brockway pourvu de deux ponts arrière et d’un pont avant, pouvait transporter 40 personnes assises.

De par son pont avant, sa longueur et le faible rayon des lacets des Edelweiss tant en montée qu’en descente, la conduite de ce véhicule, imposait au chauffeur de ce camion et ce à chaque virage des manœuvres supplémentaires.

Un samedi matin ce chauffeur effectua un transport de matériel « d’éléments de grandes longueurs » du parc de St Lary au chantier de Cap de Long. Dès que son camion fut déchargé, il fit charger le bâchage pour le transport du personnel et déjeuna à une cantine, où il y resta jusqu’à l’heure de la descente du personnel en fin de journée.

Lorsqu’il entendit la sirène annonçant l’heure de débauche, il se rendit avec son camion près du bureau du chef des transports Mr François Bielsa, où les ouvriers se groupaient pour monter à bord des camions. Il demeura à son  siège et descendit le dernier.

Lors de la descente, le premier virage à gauche aux lacets des Edelweiss s’effectua sans problème comme à l’accoutumée.

Par contre, au deuxième virage face au précipice, et s’inscrivant à droite il n’effectua pas l’arrêt, la manœuvre de recul et le contre braquage indispensable. Ce camion après avoir projeté dans le vide le plot en béton, s’immobilisa sur la route grâce à la partie arrière du pont avant, qui s’était heureusement et profondément encastrée dans la route ; cette dernière permit in extremis à celui-ci de s’arrêter brusquement, ce qui provoqua un déplacement brutal vers l’avant de tout le personnel assis à l’arrière.

Toute la partie avant du camion ainsi que la cabine étaient dans le vide. Dans celle-ci, deux chefs d’équipe qui s’y trouvaient ceinturèrent immédiatement le chauffeur qui voulait se jeter dans le vide. Tout le personnel sauta aussitôt sur la route, apeuré. Quelques instants après, une jeep descendait, c’était Messieurs Gallois Ingénieur mécanicien et Angot Conducteur de Travaux. Après s’être assuré que le camion ne basculerait pas dans le vide, Mr Gallois qui s’était aperçu que le chauffeur était tenu par les deux autres occupants de la cabine, chargea Mr Angot de leur interdire de la quitter, et qu’il remontait au chantier pour dépêcher sur les lieux, les matériels nécessaires pour les récupérer et repositionner ce camion sur la route.

Plus d’une heure après, arrivèrent un tracteur Diamond lourdement chargé de corindon, une grue mobile et du personnel choisi par Mr Gallois. La grue à l’aide d’une passerelle métallique « équipée de garde-corps » accrochée au câble de levage, permit de déposer sur la route les 3 occupants de la cabine.

Le tracteur Diamond fut garé à droite de la route. Le câble de son treuil avant fut déroulé et arrimé au crochet arrière du Brockway. Après que sa tension fut effective, la partie avant du camion fut judicieusement élinguée au crochet de la grue. Cette opération de levage fut très délicate de par le vide, et le poids avant du camion, car la tension des élingues ne devait en aucun cas déformer les parties latérales du véhicule.

Mr Gallois qui dirigeait les manœuvres, conversa avec le grutier qui très lentement procéda à la tension du câble de levage. Cette opération s’effectua en douceur. Lorsque les roues avant du Brockway furent levées au dessus du niveau de la chaussée, Mr Gallois conversa avec le chauffeur du Diamond qui effectua une lente traction du câble, et ordonna au grutier d’effectuer simultanément de très courtes manœuvres d’orientation de la flèche, « cette dernière ayant été positionnée à 45° vers la route par rapport à la verticale de la charge ». Ces délicates manœuvres se déroulèrent avec succès. La route sitôt dégagée permit à Mr Gallois de descendre avec sa Jeep à Fabian d’où il téléphona au parc à St Lary. Trois G.M.C. équipés pour le transport du personnel montèrent pour descendre tout le personnel. Mr Gallois qui avait eu un entretien « à l’écart » avec Mr Souarce, s’aperçut que ce dernier était ivre : il lui intima l’ordre de monter à l’arrière de sa Jeep. Le lendemain, Mr Gallois s’entretint longuement avec Mr LAURENS.

Le lundi matin ce chauffeur fut convoqué au bureau du Directeur, qui lui notifia son licenciement immédiat pour faute grave.

Pour un Directeur d’Entreprise également responsable de la sécurité du personnel, le licenciement pour faute grave est une décision qui s’impose envers qui que ce soit, car la confiance et l’honneur sont deux qualités qu’un homme ne peut perdre qu’une seule fois.

Heureusement que ce camion ne bascula pas dans le vide car il y aurait eu 43 victimes. Le précipice à cet endroit, comporte un vide quasiment vertical de plusieurs dizaines de mètres jusqu’au ruisseau. Ce jour là, j’étais descendu à bord d’un G.M.C.

Après la remise en état de ce camion, sa conduite fut confiée à un autre chauffeur proposé à Mr Laurens, par Mr Moulia Chef des Transports.

A suivre.

Crédits photos : Ville de Bagnères de Bigorre, Fonds photographique EYSSALET.

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