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Construction du Barrage de Cap de Long [4].

Histoire locale

Complexes Hydrauliques

en Haute Vallée d’Aure (épisode 4)

Construction du barrage de Cap de Long

Par Joseph BRUNET

Vidange partielle de l’ancien lac et étalement du plan d’eau :

Travaux Annexes :

Fin Juillet 1948, la hauteur du plan d’eau retenu par l’ancien barrage, était de l’ordre de 7 à 8  mètres environ. Pour entreprendre les travaux préparatoires du barrage actuel, la vidange totale de l’ouvrage débuta aussitôt à partir des robinetteries existantes vers la retenue du barrage d’Orédon. Celle-ci, permettait et permet pour le barrage actuel, de moduler les débits de vidange de Cap de Long.

Lors de la construction d’un barrage en haute montagne ou sur un cours d’eau, une galerie de dérivation doit au préalable être réalisée, pour dévier pendant toute la durée des travaux, les apports naturels des versants, ou le cours d’eau. Cet ouvrage assure lors de l’exploitation du barrage, la restitution et la vidange de ce dernier.

L’ancien barrage de Cap de Long comportait déjà cette possibilité par la galerie existante de l’Agriculture, « galerie de vidange »  contournant en rive droite le plan d’eau de la retenue. Celle-ci a été conservée et aménagée pour l’ouvrage actuel.

La galerie de prise « prise d’eau du barrage actuelle fenêtre 0 » débouchant dans un éboulis à une dizaine de mètres au dessous du plan d’eau minimum, il fut nécessaire de procéder à une vidange partielle du lac naturel .

Cette opération fut conduite en deux temps, une première tranche fut épuisée par siphonage de 2,9 millions de m3 par la galerie d’accès F1. Pour la vidange de la deuxième tranche et l’étalement du plan d’eau à partir de 1951, par pompage et refoulement de 5,4 millions de m3 par l’ancienne galerie de l’Agriculture.

Pour assumer le pompage précité, ainsi que l’étalement du plan d’eau par cette galerie, un ponton métallique flottant fut fabriqué par E.I.T.P aux ateliers du parc à St Lary. Il comportait 4 groupes électropompes puissants. Sur cette station de pompage, fut édifié un bâtiment protégeant des intempéries le matériel installé précité, ainsi que le préposé à son fonctionnement.

Le plan d’eau du lac naturel se situait à 450 mètres en amont du barrage actuel, et le ponton flottant fut positionné à une trentaine de mètres environ en amont de son émissaire « point d’écoulement naturel des eaux du lac ». Il était immobilisé à partir de chaque rive par des cables métalliques.

Plusieurs tuyauteries étaient installées au départ de cette station de pompage sur un chemin flottant en bois,  recouvert de branchages de pin et raccordées à la galerie de vidange de l’Agriculture située en rive droite.

A l’aide d’un Bulldozer, un batardeau  «  digue provisoire en alluvions », fut érigé perpendiculairement aux rives afin de prévenir et contenir, toute montée d’apports exceptionnels du plan d’eau.

L’étalement « stabilisation du niveau d’eau » était assuré par la mise en route d’une, ou de plusieurs pompes par le préposé à la surveillance.

A cette station de pompage était arrimée une barque d’E.D.F, qui était utilisée par leurs soins, pour se rendre notamment à la fenêtre 0 « prise d’eau de la galerie vers Pragnères ».

Elle assumait également une sécurité pour le repli éventuel du préposé à la surveillance de cette station de pompage. De nuit, cette barque était arrimée au ponton à l’aide d’une chaîne cadenassée.

Anecdote N °1, Initiative malheureuse.

En été 1951 lors de la fin du poste de nuit des mineurs en galerie un dimanche à 6 heures, deux d’entre eux avaient procédé auparavant, à tous les préparatifs pour effectuer une opération de pèche à la truite au centre du lac naturel.

Sitôt sortis de la galerie, ils se rendirent à proximité du batardeau où ils avaient caché et stocké au préalable, une épuisette  « improvisée avec du grillage à maille serrée », une corde de 20 mètres environ, une bobine de fil de tir, des détonateurs électriques, un exploseur, une caisse contenant plusieurs kg de gome B.AM, dynamite < la plus puissante >, et un coupe boulons.

Ces spécialistes en perforation de galeries, à l’aide du coupe boulons sectionnèrent la chaîne condamnant l’utilisation de la barque, ramèrent longtemps jusqu’à ce qu’ils jugèrent qu’ils étaient suffisamment éloignés pour ne pas être vus, ni dérangés. Dès que la barque fut immobilisée, ils ouvrirent la caisse en bois, introduisirent un détonateur dans un bâton de dynamite, raccordèrent les deux fils conducteurs au fil de la bobine puis refermèrent l’ensemble. Ils ligotèrent la caisse à l’aide de la corde pour la positionner en profondeur.

Délicatement pour ne pas éloigner les truites, la caisse fut immergée à une dizaine de mètres de profondeur et maintenue par l’un d’eux à l’aide de la corde, et ce à la verticale de la barque. Le moment tant attendu se manifesta. Lorsque le ressort de l’exploseur fut comprimé, ils raccordèrent les fils conducteurs à chacune des phases.

Seul, un des deux était vraiment très confiant, considérant que la charge explosive était suffisamment immergée, et que son plan avait été minutieusement élaboré pour que leur sécurité fut assurée. D’après lui, l’onde de choc lors de l’explosion, se répercuterait en profondeur en raison du poids des 10 mètres d’eau, tout au plus à l’horizontale, mais qu’aucune turbulence ne pourrait se manifester à la surface du plan d’eau. L’instigateur de cette opération, après avoir recueilli le top de son collègue déclencha le tir.

Le troisième collègue de chambre avait refusé de participer à cette expédition prétextant qu’il ne savait pas nager. Vers 11 heures ne les voyant pas revenir il donna l’alerte.

Mr Laurens ainsi qu’un responsable E.D.F alertèrent les autorités départementales qui dépêchèrent les secours. A deux reprises, des plongeurs munis de scaphandres firent des recherches. La visibilité était devenue quasiment nulle de par l’importante épaisseur de vase remuée. La température de l’eau à cette profondeur n’excédait pas les 2°/c. Les recherches furent reportées au lendemain. Plusieurs plongées effectuées en éventail par bonne visibilité, ne permirent pas de retrouver les deux corps.

Le déroulement de cette malheureuse initiative a pu être relaté ici dans les moindres détails précités comme ils avaient été minutieusement racontés à l’époque par le troisième collègue à Mr LAURENS, ainsi qu’aux autorités chargées de l’enquête. Il avait également ajouté que ses deux amis en parlaient chaque soir à la chambre. Ils étaient confiants que cette opération devait réussir de par leur expérience en explosifs, et qu’aucune précaution de sécurité n’avait été écartée.

Je n’ai pas souvenance si l’ancien lac naturel de Cap de Long avait permis par la suite de retrouver les deux corps.

A suivre.

Crédits photos: Ville de Bagnères de Bigorre, Fonds photographique EYSSALET.

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