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Construction du Barrage de Cap de Long [3].

Histoire Locale.

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Haute Vallée d’Aure (épisode 3)

Construction du Barrage de Cap de Long

Par Joseph BRUNET

Ancien Barrage de Cap de Long :

Les Services de l’Agriculture constituèrent au lac de Cap de Long à une altitude de 2100 mètres, une réserve de 7,1 millions de m3 au moyen d’un barrage d’une hauteur de 20 mètres et de 7.000 m3 de maçonneries avec appareillage en moellons de granit aux deux parements. Il s’intégrait dans un ensemble lacustre important, séparé du bassin du Gave de Pau par le massif du Néouvielle.

Cette réserve était destinée à l’alimentation estivale des rivières du plateau de Lannemezan pour l’irrigation < actuellement par les canaux de Gascogne >. Cet aménagement de Cap de long surélevant de 10 mètres environ le niveau du lac naturel, n’utilisait que dans une faible partie les possibilités de cette importante cuvette.

«  Pour information, à l’actuel barrage d’Orédon des travaux auraient été terminés vers 1939 par les Ponts & Chaussées ». Il comporte à l’intérieur une microcentrale pour la fourniture d’électricité de la Maison de Garde, de l’ancienne villa de fonction des l’Ingénieurs de l’époque, du laboratoire et du Chalet-hôtel du Touring-Club de France de l’époque.

L’exploitation de l’ancienne retenue de Cap de Long était faite à partir d’une prise d’eau établie à 450 mètres à l’amont du barrage actuel.

Cette prise alimentait une galerie de restitution et de vidange de 500 mètres de longueur contournant en rive droite le plan d’eau actuel,  sur le parcours de laquelle était intercalée une robinetterie qui fonctionnait sous une charge maximum de 20 mètres.

Cette galerie a été utilisée comme dérivation des eaux pour la construction du barrage actuel.

Enfin de travaux le vannage a été refondu entièrement et adapté à la charge du nouveau barrage. Il permet la restitution ou la vidange de l’ouvrage vers la retenue d’Orédon, immédiatement à l’aval, laquelle permet de moduler les débits.

Contrairement à d’autres barrages, l’actuel de Cap de Long ne comporte pas d’ouvrage spécial au pied de l’ouvrage, le réservoir pouvant être vidé par la prise d’eau de la galerie de Pragnères « coté Gave de Pau »  d’une part, et par la prise d’eau et galerie de l’Agriculture « coté Neste ».

Perforation et sautage de l’ancien barrage :

Pour conserver les possibilités de passage en crête pendant la période préparatoire, ainsi que l’accès des engins en rive gauche, la démolition fut différée jusqu’à l’extrême limite. On le fit sauter en masse l’après midi du 05 Août 1949. 16 fourneaux de mine < création préalable des vides de dégagement > furent réalisés dans toute l’épaisseur du barrage et judicieusement répartis dans le corps des parements.

Les 7.000m3 de maçonneries qui constituaient le barrage, ont été suffisamment fractionnés, pour permettre une reprise directe des déblais par les godets de 1200 litres des Pelles mécaniques.

Un plan de tir très élaboré, a permis sa destruction totale lors du sautage, grâce à l’utilisation des détonateurs électriques « Dawey-Bicford »  à micro- retard d’une milliseconde par numéro, du n°0 au N°10 soit 11 explosions.

Lors du sautage, ces retards ne sont pas perceptibles, car la première explosion par le n°0 couvre les suivantes. Pour l’exemple, on raccorde, à distance et dans l’ordre les onze détonateurs « seuls sans explosif », et on les fait exploser par une décharge électrique de 500 volts. Ces 11 détonateurs créent en explosant, une rafale sonore identique à celle d’une mitraillette.

Cette possibilité d’espacer les explosions, a été mise en application pour ce sautage. La partie supérieure de l’ouvrage a explosée en premier avec les N°0, et les suivantes successivement du haut vers le bas, et autour des fourneaux de mine, avec les numéros croissants jusqu’aux fondations.

Ce sautage réalisé avec succès, a nécessité l’utilisation de plusieurs tonnes de dynamite notamment de la Cheddite, de la Tolamite et la plus puissante à l’époque, la gome B.A.M. des Ets NOBEL-BOZEL

Terrassements et déroctages des fouilles :

Ces travaux ont débuté par la fouille en rive droite, pendant la campagne d’installations en 1949. La roche granitique très dure et compacte affleurait. Le décapage du sol naturel a été effectué manuellement en partie haute. A l’issue de cette campagne, les 2 plots de la culée rive droite et les 6 premiers plots du barrage, étaient pratiquement prêts à être bétonnés.

Courant 1950, les fouilles importantes en Thalweg ont été exécutées jusqu’au bed-rock, « rocher » ainsi que l’exécution d’un puits ultérieurement garni de béton formant clé au dessous du niveau général des fouilles. En rive gauche, les fouilles ont été exécutées à un rythme satisfaisant qui a permis l’avancement normal du chantier de bétonnage. En ce qui concerne la digue, le travail a été mené au fur et à mesure des disponibilités de main-d’œuvre jusqu’en 1951, puis intensifié en 1952 et 1953.

Les volumes des terrassements et déroctages exécutés sont les suivants :

En rocher                Eboulis et terre      Ancien barrage

barrage    42.800 m3                    23.400 m3          7.000 m3

digue          2.700 m3                      5.100 m3

———–                       ————–

45.500 m3                     28.500 m3

Total : 81.000 m3

Injection du voile d’étanchéité :

Malgré la bonne qualité du rocher, il a été réalisé un voile d’injection de coulis de ciment, en pression, destiné à étancher et à consolider les fondations de l’ensemble de l’ouvrage. Ce voile situé à 2 mètres à l’aval du parement amont du barrage et de la digue, a nécessité 113 forages d’une longueur totale de 2160 mètres et l’injection sous pression de 159 tonnes de ciment.

A suivre.

Crédits photos: Ville de Bagnères de Bigorre, Fonds photographique EYSSALET.

1 Commentaire »

  1. avatar comment-top

    Sur le site de notre association, référencé ci-dessus, nous racontons l’histoire de Jean Bégué, un paysan de Cazaux-Debat, dans la vallée du Louron.

    Il avait participé, comme chauffeur de camion, à la construction du barrage de Cap de Long. Il travaillait à cette époque chez Franque, et il a ensuite travaillé chez Lafitte, à Arreau. Il nous avait raconté l’explosion du 5 août 1949. Je vais trés bientôt publié un article sur le blog qui racontera notamment cette anecdote.

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