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Construction du Barrage de Cap de Long [17].

Histoire Locale

L’Histoire du Complexe Hydraulique

En Haute Vallée d’Aure  (épisode17)

Construction du Barrage de Cap de Long.

Par Joseph BRUNET

Bétonnage en galerie

Tous les coulages de béton dans les anneaux de revêtement en galerie, ont été réalisés par transporteur Jony à air comprimé. Contrairement à une pompe à béton, dont le béton à l’extrémité de la tuyauterie s’écoule en continu et sans pression, l’utilisation du Jony est un transporteur dont le béton est propulsé par à coups d’air comprimé, à une pression de service de 7 kgs, et à l’aide d’un volume d’air très important. A cet effet, un réservoir supplémentaire vertical d’air comprimé de 2000 litres « dit tampon »  était installé à l’extérieur près de la fenêtre « entrée de la galerie ».

Pour information le béton est très lourd, sa densité est de 2500 kgs au m3. L’extrémité de la tuyauterie était pourvue d’un dispositif courbe de sécurité, conférant un écoulement vertical très ralenti du béton lors des bétonnages hors anneaux en galerie.

Dans ces derniers, le béton s’écoulait en pression. Ce mode de transport permettait de bétonner à des dizaines de mètres, voire même plus. Sa tuyauterie était assemblée horizontalement et posée à même le sol, au bas d’un parement, ce qui assurait la continuité du roulage des rames de wagons.

Par contre, les deux dernières longueurs de la tuyauterie devaient être impérativement et progressivement surélevées, et très assujetties contre le parement droit ce qui conditionnait le bon fonctionnement de ce mode de transport.

Le montage de chaque élément de la tuyauterie à béton de 6 ml, s’effectuait par emboîtement et était pourvu d’un joint caoutchouc très résistant. L’assemblage de tous les éléments était effectué et assuré par de grosses clavettes métalliques et coniques, qui étaient bloquées par de fortes frappes à l’aide d’une massette.

Il arrivait parfois, qu’un bouchon se produise c’est-à-dire que le béton ne s’écoule plus sur une certaine longueur dans la tuyauterie. Le préposé au fonctionnement du Jony s’en rendait compte aussitôt, et maintenait ouverte la vanne à passage direct d’admission en air comprimé. Dans un tel conduit, la condition première était la détection rapide et exacte du bouchon. A l’aide de massettes « fer contre fer »  des frappes très appuyées sur la tuyauterie matérialisait avec exactitude le bouchon et sa longueur, car au droit de celui-ci, ces frappes ne provoquaient pas de résonances. Pour procéder au déblocage de cet arrêt, de fortes et nombreuses frappes étaient données de part et d’autre du conduit, et ce, à partir du sens opposé à l’écoulement normal du béton. La rapidité de la reprise du bétonnage, conditionnait le respect du planning, et par la même celui du poste rentrant.

Actuellement, lorsque ce mode de transport est utilisé, les bouchons ne se produisent pratiquement plus, car des adjuvants et des plastifiants sont incorporés lors de la fabrication du béton, conférant à ce dernier davantage de souplesse, et une diminution de la quantité d’eau lors du malaxage.

Nettoyage de la tuyauterie :

A la fin de chaque phase de bétonnage, un nettoyage très méticuleux de la tuyauterie était primordial et imposé. Cette opération était effectuée en trois temps.

1°  Le Jony était rempli au ¾ d’eau et le préposé à son fonctionnement introduisait dans celui-ci un ressort métallique aciéré d’un diamètre supérieur à celui de la tuyauterie et comportant une âme centrale en caoutchouc. Par 3 frappes puissantes à l’aide d’une massette sur la tuyauterie, les ouvriers étaient prévenus et se repliaient après avoir retiré le dispositif réduisant l’écoulement du béton et déposé au sol les deux longueurs à l’extrémité de la tuyauterie, le préposait effectuait une chasse par air comprimé. Une forte explosion retentissait à la sortie de ce ressort.

2°  Un tampon caoutchouc non compressible plus gros qu’un ballon de foot était introduit dans la cuve. Celle-ci à nouveau remplie d’eau et une nouvelle explosion à la sortie.

3°   La cuve était remplie de sacs vides ( ciment) en papier kraft, puis remplie d’eau et la chasse était actionnée. Troisième explosion, et les ouvriers au lieu du bétonnage se chargeaient de récupérer les deux éléments de nettoyage précités.

Caractéristiques du Jony.

C’est une cuve de forme cylindrique, conique vers la base et verticale en acier de forte épaisseur «  sur une assise tubulaire circulaire »  d’une hauteur variable selon son type de 1,60 m environ.  En partie basse, un coude au 1/8 et de diamètre adaptable à la tuyauterie. Sa partie supérieure d’un diamètre de 1m ou moins, comportait un couvercle en acier très épais qui était prisonnier, c’est-à-dire qu’il se fermait de l’intérieur vers l’extérieur, et sa périphérie comportait un joint plat, large et épais en caoutchouc qui assurait une parfaite étanchéité lors de la mise en pression du Jony.

La fermeture de la cuve s’effectuait manuellement à l’aide d’un levier métallique actionné de haut en bas, dont sa longueur conférait ainsi un bras de levier très important, et qu’il fallait manœuvrer et maintenir lors de chaque chasse.

L’air comprimé était déjà à l’époque une source d’énergie maîtrisée et très utilisée à l’époque dans les travaux publics, mais ô combien dangereuse notamment en galerie.

Le déboîtement intempestif d’un flexible souple de 100m/m de diamètre d’alimentation du matériel en air comprimé tel que  » chargeuses Conway , Eimco 12 ou 21, Jony et  presses à injection etc… » était très dangereux. Il comportait à son extrémité pour son branchement, un gros raccord cannelé métallique et lourd, qui par les coups de fouets violents et très rapides, crées par l’importante fuite de la pression d’air comprimé, provoquait de graves accidents, hélas parfois mortels.

A suivre.

Crédits photos: Ville de Bagnères de Bigorre, Fonds photographique EYSSALET.

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