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Construction du Barrage de Cap de Long [16].

Histoire locale

Complexe hydraulique en

Haute Vallée d’Aure ( Episode N°16)

Construction du Barrage de Cap de Long

Par Joseph BRUNET

Suite perforation des galeries :

La mise en eau du barrage eut lieu en Août 1953.

Dès que les robinetteries, les vannages et les portes étanches ont été opérationnels, les essais de mise en charge de la galerie ont été effectués à partir de la station de pompage de Pragnères.

Ces épreuves eurent lieu de nuit, avec surveillance constante des portes étanches, et les Agents E.D.F disposaient à partir de ces dernières, d’une liaison téléphonique reliée au central téléphonique E.I.T.P du chantier, lequel était en liaison permanente avec le central E.I.T.P. des bureaux de St Lary. J’assumais ici cette permanence , assurant le relais avec les Agents E.D.F de la station de pompage de Pragnères, par l’intermédiaire du réseau P.T.T. de Lannemezan.

Précautions lors de l’utilisation des explosifs, des détonateurs électriques, et des détonateurs ordinaires à allumage par mèche lente.

Parallèlement lors des réunions d’informations concernant le stockage, les manipulations et l’utilisation des détonateurs à mèche lente, le cordeau détonnant et les détonateurs électriques, un Ingénieur du fournisseur les Ets DAWEY-BICFORD informait tous les utilisateurs et notamment les chefs d’équipe en galerie et en carrière.

Un danger latent subsistait lors de l’utilisation des détonateurs électriques en galerie, dès l’approche et en cours d’orage, car la présence des rails de la voie depuis l’extérieur jusqu’à l’avancement, étaient et sont de dangereux conducteurs de la foudre.

En galerie ou à l’extérieur, les détonateurs ordinaires à allumage par mèche lente, permettaient et permettent d’effectuer avec moins de risques l’utilisation d’explosifs par temps d’orage.

Par contre, anciennement en galerie, ce procédé d’amorçage destiné à provoquer l’explosion de la charge, comportait des dangers, compte tenu du nombre très important des mèches à allumer en peu de temps pour le sautage de la volée. La chronologie des explosions, du centre vers la périphérie était assurée par la longueur croissante des mèches lentes. Avant la mise à feu, la précaution suivante était impérative. Chaque mineur à l’aide de son couteau, devait effectuer très près de l’extrémité de chaque mèche, une entaille concave jusqu’à l’apparition de la poudre. Dès que cette opération était terminée, chaque mineur allumait sa cigarette, car c’est avec cette dernière que la mise à feu allait être effectuée.

Après s’être assuré que chacun était prêt, le chef de Poste donnait le top d’allumage des mèches, de la périphérie vers le centre, puis il ordonnait le repli immédiat lorsque les mèches étaient allumées. C’était le chef mineur qui restait seul pour allumer les 4 ou 5 dernières mèches les plus courtes situées près du centre autour du bouchon, dont ces charges exploseraient en premier, puis il s’éloignait très rapidement en courant. Par contre, les détonateurs à mèches lentes sont  encore utilisés à l’extérieur.

Les Ets RUGGIERY ont inventé et commercialisé à partir des années 1952, des lances d’allumage qui produisent une flamme très puissante de 20 cm de longueur, et d’une durée d’utilisation de plusieurs minutes. Ce nouveau procédé d’allumage des mèches lentes conférait et confère; une sécurité et rapide mise à feu, d’où une augmentation du temps de repli des mineurs.

Pour information, risques auxquels étaient exposés les anciens mineurs en galerie antérieurement aux années 1940.

Les anciens mineurs qui avaient utilisé l’éclairage par lampe acétylène à carbure de calcium pendant plusieurs décennies, avaient respiré la combustion des 7 à 8 lampes durant 8 heures, et pendant les 6 postes hebdomadaire, et ce, dans des galeries de petite section non ventilées.

De plus, tous les mineurs fumaient « car c’est à l’aide de leur cigarette qu’ils devaient allumer les mèches lentes pour la mise à feu des charges ». Leur cigarette était allumée à la flamme de leur lampe, ce qui aggravait à tous, leurs problèmes dentaires. Ce carbure avait détruit prématurément l’émail et la totalité de leurs dents.

Hélas à tout cela, leur santé était malheureusement aggravée par la silicose, car la perforation s’effectuait à sec « sans injection d’eau » et ils respiraient pendant toute la durée des forages les poussières, et lors du marinage « chargement des déblais » également les gaz de dynamite très toxiques.

N.B :    Vers 1951 , les mineurs en galerie furent équipés d’un éclairage frontal fixé sur leur casque, alimenté par batterie rechargeable à faible voltage d’une autonomie de 10 heures, qui se substitua aux lampes acétylène par carbure de calcium.

Sécurité :

Dans le cadre de la prévention, Monsieur LAURENS avait organisé en présence d’ Ingénieurs des fournisseurs Dawey-Bicford et les Ets NOBEL-BOZEL, plusieurs réunions d’information concernant le stockage, la manipulation, l’utilisation des explosifs, détonateurs ordinaires et électriques à micro-retard, en carrière et en galerie.

Lors d’une de ces réunions à laquelle j’avais assisté, ils nous firent part des dangers auxquels étaient exposés les mineurs en carrière par les détonateurs électriques.  le danger le plus fréquent et visible était , et est, l’orage. Durant l’approche, même très lointaine, et pendant celui-ci ,une seule sécurité, interdiction dans les deux cas d’effectuer des charges pour les sautages à l’aide des détonateurs électriques et attendre impérativement la fin  de toute menace .

Le moins fréquent mais très dangereux était le suivant. Il nous déclara qu’en France « sans divulguer le chantier » contre un front de taille en carrière par très beau temps, sans aucun nuage à l’infini, 7 mineurs procédaient à la fin du chargement des forages pour un important sautage.

Un gros engin de travaux publics arriva et s’enlisa. Le conducteur accéléra au maximum et l’énergie statique produite par le frottement des gros pneus, déclencha l’explosion du sautage. Les 7 mineurs furent tués et le conducteur d’engin gravement blessé.

Une enquête eut lieu en présence des Ingénieurs précités en tant qu’experts, qui conclurent ainsi que toute la commission, que l’explosion des charges fut déclenchée par l’énergie statique crée par le patinage de cet engin au sol.

Une reconstitution à l’identique avec des détonateurs électriques « sans explosifs »  avait été faite le lendemain, et confirma ainsi le résultat de l’enquête et ce danger jusqu’ alors inconnu.

Les établissements susdits informèrent par lettre et verbalement, au cours des réunions de sécurité, tous les utilisateurs de détonateurs électriques de  l’accident précité.

A suivre.

Crédits photos: Ville de bagnères de Bigorre, Fonds photographique EYSSALET.

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