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Construction du Barrage de Cap de Long [15].

Histoire Locale

Complexe hydraulique en

Haute Vallée d’Aure (Episode15)

Construction du barrage de Cap de Long.

Par Joseph BRUNET

Coupure d’alimentation de la haute tension entre la Centrale d’Eget-Cité et les chantiers des Echarts, Chute de Fabian et vers Cap de Long.

Lors d’une très violente tempête de neige de nuit par vents violents, et des températures excessivement basses, Monsieur LAURENS fit appel à 22 heures à Monsieur POIRIER Directeur de la S.A.E  pour demander son aide, afin d’organiser trés rapidement avec ses équipes d’électriciens , un troisième commando pour rechercher la panne qui faisait disjoncter la ligne haute tension alimentant les chantiers depuis la centrale électrique S.N.C.F d’Eget-Cité, et de pouvoir rétablir au plus tôt le courant aux Echarts «  galerie hydraulique Fabian-Eget-Cité et à Cap de Long.

Un aperçu partiel du flanc de montagne en rive gauche entre

le pont de Badet et celui de Couplan où est implantée

la ligne haute tension d’Eget-Cité au chantier de Cap de Long.

Contreforts très abrupts en rive gauche. L’implantation

de cette ligne haute tension se situe hors zones boisées :

sécurité incendie et tempêtes.

Mon oncle était célibataire, et habitait avec nous à Bazus. Il était le chef électricien de la S.A.E. Vers 22h15, Mr POTTIER  Ingénieur Electricien et Sous Directeur S.A.E vint chez nous en jeep et quelques minutes après repartait avec mon oncle.

IL neigeait, et à Bazus la couche de neige atteignait 20 cm. Dès leur arrivée aux Bureaux E.I.T.P à St Lary où Mrs LAURENS et POIRIER les attendaient, un plan commun d’intervention fut arrêté devant les plans d’installation de cette ligne < réalisée par la Société Forclum >, sur lesquels étaient matérialisés l’emplacement de chaque pylône.

La S.A.E commencerait les recherches en amont de Fabian vers Cap de Long, car mon oncle connaissait l’emplacement des pylônes pour y avoir déjà effectué des dépannages de jour avec les agents « S.N.C.F. », la S.A.E ayant réalisé lors des 3 campagnes d’été de 1946 à mi-1949 la route de Fabian à Cap de Long, l’ouverture d’une carrière et l’implantation d’un cantonnement pour le personnel à l’Artigusse et à Couplan.

Par ailleurs du pont de Badet au pont de Couplan, on dénombrait 11 avalanches en rive gauche que mon oncle connaissait parfaitement le couloir de chacune. Monsieur TREILLARD Ingénieur Electricien E.I.T.P et son équipe, effectuerait les recherches d’Eget-Cité à Fabian.

Les 3 équipes seraient équipées d’un téléphone de campagne afin de converser entre elles. Monsieur POTTIER informa Mr LAURENS, qu’ils allaient s’arrêter à la centrale S.N.C.F d’Eget- Cité pour demander une coupure officielle de cette ligne à partir de la centrale, sa mise à la terre et viser le registre. Dès que cette mise hors tension fut effective, il informa Mr LAURENS que ses équipes pouvaient commencer les recherches. A la demande de mon oncle, l’agent de la centrale lui remit plusieurs isolateurs et un rouleau de fil pour ligatures.

Parvenus au Parc S.A.E à Fabian, mon oncle se rendit à son atelier et prépara sa trousse d’outillage, les grimpettes pour installation du téléphone, la grenouille pour tension des cables conducteurs et des cordes de service, deux téléphones de campagne ect…Entre-temps, Mr Pottier s’était rendu au cantonnement récupérer les 3 électriciens que mon oncle avait désignés.

Heureusement avec la jeep ils atteignirent Capèche après avoir contrôlé plusieurs supports. La couche de neige d’environ 60cm, les obligea à poursuivre à pied. Au droit de l’Artigusse, un isolateur était cassé et le conducteur reposait sur le support métallique. Aussitôt le téléphone de campagne fut branché sur la ligne, et Mr Pottier informa qu’une panne était détectée et que les autres équipes pouvaient cesser leurs recherches mais de rester sur place.

Il était 5 heures quand mon oncle entreprit la montée au pylône. La température négative à cette altitude devenait très difficile à supporter, et le vent du nord ne faiblissait pas et il neigeait.

L’isolateur fut assez vite remplacé, mais pour hisser sur l’isolateur le cable conducteur très long , enrobé de neige glacée, donc plus lourd et constamment balancé par le vent, cette opération nécessita l’aide d’un autre électricien pour augmenter avec la grenouille, la tension du conducteur qui fut enfin après plusieurs tentatives, positionné sur l’isolateur. Restaient les ligatures de part et d’autre de la cloche de l’isolateur, qui furent, malgré le froid, effectuées assez rapidement.

Toute l’équipe rejoignit  la Jeep. Arrivés à la centrale d’Eget-Cité, Mr POTTIER présenta le justificatif de coupure. Il téléphona à Mr LAURENS, lui demanda de prévenir ses équipes que le courant allait être rétabli. Que la mise sous tension de la ligne ne serait demandée par Mr POTTIER à l’agent S.N.C.F de la centrale d’Eget-Cité, que lorsque Mr LAURENS aurait rappelé pour lui confirmer que tout le personnel avait été prévenu. Dès cette réception, et après que Mr POTTIER signa le registre de remise sous-tension de la ligne, le préposé de la centrale effectua la fermeture du sectionneur. L’électricité aux chantiers était rétablie.

Si la description de cette expédition très périlleuse vous parait trop détaillée, j’ai été inspiré par les difficultés présentées par une telle intervention de nuit, qui relevait en toute modestie de l’exploit, « car je connais de jour tout ce relief ». Pour information, tous les supports métalliques de cette ligne haute tension avaient été judicieusement implantés sur les éperons rocheux les plus élevés. Cette précaution de positionnement à très haute hauteur, conférait et confère  une sécurité pour les conducteurs électriques qui se situent ainsi hors d’atteinte des souffles destructeurs des avalanches.

Je demande aux passagers des voitures lorsqu’ils empruntent de jour la route des lacs à partir de Fabian et jusqu’à Orédon, d’observer le relief des deux rives, notamment en rive gauche, l’emplacement où sont implantés les pylônes. Leur accès de jour requiert une connaissance de la montagne, afin d’éviter pour y accéder, les couloirs de chutes de pierres, très nombreux notamment de l’Artigusse au droit des lacets des Edelweiss.

Au risque de me répéter, pensez un instant à l’insécurité de ces ascensions de nuit et par un enneigement important, pour repérer, accéder, et effectuer le contrôle de chaque support métallique. Pour information, ce fut la tempête la plus violente entre les années 1949 et 1953. Je n’ai pas souvenance de la date exacte de cette intervention. Pendant l’arrêt de de chantiers, les transformateurs doivent demeurer sous tension.

A cette date 09 décembre 1951, on aperçoit au loin plusieurs ampoules électriques

Au 09 décembre 1951 il n’avait pratiquement pas neigé à Cap de Long.

On aperçoit du personnel aux abords de la prise d’eau F0. Par contre, le plan d’eau est gelé.

Durant chaque fin de campagne, les premiers ouvriers à descendre du chantier étaient ceux affectés au bétonnage des plots du barrage, des manœuvres, certains mécaniciens pour la remise en état du matériel au camp de base. Les mineurs en carrière réalisaient le maximum de forages aux droits des plateformes pour la campagne suivante et la poursuite des débitages des gros blocs aux plateformes.

Les derniers à quitter le chantier étaient les magasiniers, les mineurs en galeries où la température à l’intérieur avoisinait les 15 à 20° C, le personnel des cantines, d’infirmerie, mécaniciens pour vidanges des circuits de refroidissement des engins, toutes les tuyauteries, le château d’eau, la coupure électrique de la basse tension ect… Les conducteurs d’engins et le personnel d’encadrement se repliaient au Parc à St Lary.

Par contre, des mineurs de Cap de Long renforçaient en campagne hivernale les équipes au chantier des Echarts entre Fabian et Eget Cité.

A suivre.

Crédits Photos: Ville de Bagnères de Bigorre, Fonds photographique EYSSALET.


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