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Construction du Barrage de Cap de Long [13].

Durant l’hiver, le chantier de Cap de Long était arrêté et les mineurs étaient mutés au chantier des Echarts.

Décès au chantier des Echarts « et anecdote ».

Par Monsieur Joseph BRUNET

En  1952 lors de la perforation des galeries d’amenée ,  les mineurs se rendaient à l’extérieur pour le casse-croûte vers 9 heures. Cette fenêtre était dotée d’une installation de bétonnage, et au niveau du chemin de service, deux trémies de stockage des agrégats. Par sécurité, une poutre en béton armé d’environ 0,60 mètre de hauteur avait été réalisée au droit de chaque trémie, laquelle servait de butoir aux roues des Diamond qui dépotaient par gravité en marche arrière.

La voie était installée en partie basse des trémies sous les goulottes de remplissage des wagons en agrégats, et également sous la goulotte de la centrale à béton. L’approvisionnement en agrégats < sables et graviers > était effectué par camions Diamond  quant au ciment en sacs, celui-ci était assuré par camions Diamond également à partir de la Cimenterie Lafarge de Boussens.

La proximité du front d’avancement en galerie , permettait aux équipes de mineurs, de sortir avec le tracteur Fenwick et de s’asseoir sur cette poutre pour le casse-croûte < 15 minutes leur étaient accordées à cet effet >.

Un jour, un mineur n’étant pas rentré en galerie en même temps que ses collègues, son absence intrigua le chef de poste qui dépêcha un instant après un collègue à l’extérieur à sa recherche. Après de longs moments et de puissants appels sans succès, il entra en galerie et annonça à son chef qu’il était introuvable.

Toute l’équipe sortit à son tour, et il ne fut pas retrouvé. Les recherches durèrent tout la nuit. Le chef de poste téléphona au bureau à St Lary  afin de prévenir Mr LAURENS de cette disparition. Des recherches furent à nouveau entreprises à l’aide de tous les ouvriers qui se trouvaient au cantonnement, et en fin de journée ce mineur ne fut pas retrouvé.

Très tôt, le lendemain matin comme tous les jours, la rame de wagons s’arrêta au droit des goulottes pour effectuer le chargement en agrégats  < sables et graviers > destinés à approvisionner un poste de bétonnage en galerie. Deux préposés, le conducteur du tracteur Fenwick et un ouvrier étaient chargés du remplissage des wagons par ouverture et fermeture des goulottes respectives.

Lors de l’ouverture de la goulotte de sable, ce dernier poussa un cri et s’échappa en courant vers le cantonnement  sans pouvoir prononcer un mot  au conducteur du tracteur. Celui-ci intrigué par ce comportement, se dirigea vers la goulotte restée ouverte par laquelle le sable se déversait au sol. Il resta interdit lorsqu’il aperçut une jambe du mineur disparu la veille. Il donna l’alerte, et un mécanicien vint avec le garde compresseur pour commencer à démonter la goulotte. Mr LAURENS aussitôt prévenu arriva au chantier ainsi que deux gendarmes. Dès que le constat fut dressé, le corps du malheureux mineur fut transporté à l’infirmerie au Parc à St Lary.

Anecdote

Le lendemain matin, à la suite d’un entretien téléphonique, Mr Gabriel me dit, Mr Laurens vous attend de suite à son bureau. Dès mon arrivée, jeune Brunet, s’est ainsi qu’il m’appelait, allez à l’infirmerie faites bien nettoyer une chambre par le baraquier, dites lui que c’est un ordre de ma part, mais restez avec lui je veux que ça brille. Le mineur disparu au chantier  est décédé, et le corps va été transféré à une chambre. Sitôt la mission accomplie, je revins à mon travail.

Vers 15 heures, Mr LAURENS téléphona à Mr Gabriel qui partit aussitôt à sa villa de fonction distante d’une trentaine de mètres. Il revint avec une cuvette, un gros savon de Marseille et 3 serviettes éponge.

Brunet, apportez tout ceci à Mr LAURENS qui se trouve devant l’infirmerie. Arrivé à proximité, Mr LAURENS qui conversait avec deux autres messieurs s’avança vers moi et me dit, apportez cela à la chambre qui a été nettoyée. Prudent, j’ai frappé à la porte et une voix d’homme me répondit < entrez > Bonjour jeune homme, je suis le médecin légiste, comme vous pouvez le constater, je suis âgé et j’ai besoin de votre aide. Habitué à obéir, je lui répondis par l’affirmative sans savoir ce qu’il attendait de moi.

Sur le lit de 0,90 je découvris le corps de ce pauvre malheureux. Après que ce lit fut déplacé au centre de la pièce, il fallut le dévêtir jusqu’à la taille. Ce brave homme me dit gentiment, vous allez assister à une autopsie. Il se saisit d’une belle mallette en bois, l’ouvrit et je découvris un gros maillet ainsi que tout un jeu de ciseaux de plusieurs largeurs croissantes, identique aux ciseaux à bois des menuisiers, mais chromés.

Il retroussa les manches de son tablier blanc, m’en remit un en me disant de faire de même. Il me demanda quel âge avez-vous ? 20 ans Docteur lui répondis-je. Le plus bel âge pour tout affronter.

A l’aide d’un bistouri, il entailla le contour du torse et du cou. Il se saisit du maillet et du ciseau plat le plus large, et par puissants coups de maillet il cassa chaque cote, ainsi que de part et d’autre du menton « les clavicules ». Jeune homme vous allez m’aider maintenant. Approchez- vous du lit et faites les même gestes que moi, enfoncez  profondément vos dix doigts en haut du torse entre ouvert. Quelle froideur, et contraste, la peau très blanche et la chair très rouge. Je remarquais qu’il me dévisageait de temps en temps, puis il me dit, je vais compter 1, 2, 3 : lorsque je prononcerai le 3, nous tirerons très fort pour soulever tout le torse que l’on retournera ensuite ensemble vers le bas pour découvrir l’intérieur.

A 3, je n’ai pas hésité à tirer vers le haut de toutes mes forces et tout le thorax qui se souleva fut replié entièrement vers le bas. Je ne me permets pas de décrire cette horrible vision. Ce Médecin me dit, je vous remercie, lavez vos mains, quittez la blouse et mettez vôtre veste. Avant de sortir, il lava à son tour ses mains puis me donna une frappe sur l’épaule en ajoutant, vous avez été très courageux c’est bien, mais à présent un peu d’air vous fera du bien.

Je sortis sans me retourner. Lorsque Mr LAURENS m’aperçut il vint à ma rencontre. Jeune Brunet vous allez bien, vous êtes très pale. Je lui répondis que j’avais du, à la demande du médecin légiste l’aider pour le début de l’autopsie. Allez à la cantine prendre un cordial ou une tisane cela vous fera du bien. On me prépara une tisane que je n’ai pas pu boire et je me rendis à mon travail.

Mr LAURENS vint quelques instants après au bureau et me dit : racontez moi ce à quoi vous avez été confronté. Dès la fin de mon récit, il me dit. Je n’étais pas vraiment au courant, car dans l’affirmative je vous aurais demandé au préalable si vous pouviez assister à cette épreuve. Je lui répondis, cela à présent est terminé. Rentrez chez vous, me dit-il ça ira bien mieux demain.

Quelques jours après, Mr LAURENS nous informa que ce mineur qui était assis sur la poutre de la trémie de sable, et qui avait terminé de déjeuner le dernier alors que ses collègues étaient déjà rentrés en galerie, l’autopsie pratiquée confirma qu’il était décédé par suite d’un arrêt cardiaque et non pas par étouffement.

L’enquête conclut que son corps avait alors chuté dans la trémie de sable, et qu’un camion Diamond avait basculé quelques instants après, plusieurs m3 de sable dans cette trémie.

A suivre.

Crédits Photos: Ville de Bagnères de Bigorre, Fonds photographique EYSSALET

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