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1979-Cinquantenaire de la Sté Hydro-électrique du Midi. (S.H.E.M.)

1977 : la centrale de Tramezaygues repeinte

I.     1979 – La Société Hydro-électrique du Midi a 50 ans.

C’est en effet le 19 juin 1929 que les statuts de la S.H.E.M. ont été approuvés par le Ministre des Travaux publics, alors chargé du contrôle de l’électricité, la date de naissance officielle étant le 25 juillet 1929.

A l’occasion de cet anniversaire, nous avons voulu retracer les différentes étapes de la vie de la S.H.E.M. pendant le demi-siècle écoulé. C’est le but de la présente plaquette qui s’efforce d’expliquer pourquoi et comment est née la société, et quelle a été son action. Afin de ne pas trop alourdir le texte principal, des renseignements complémentaires sont regroupés dans des annexes.

10 octobre 1930; montage de la première ferme du batiment d’usine à LASSOULA

II.   Origines de la S.H.E.M.

La compagnie des chemins de fer du Midi avait entrepris, dès avant la guerre de 1914, l’électrification de son réseau. Mais l’absence d’usines de production d’électricité et de réseau de transport l’obligea à construire elle-même des centrales, nécessairement hydro-électriques, et un réseau de transport d’énergie à 60000, puis à 150000 V. Cet effort d’équipement fut poursuivi même pendant la guerre, avec la réalisation d’Eget, mise en service en 1919. Le plus bel aménagement, réalisé de 1920 à 1929, est incontestablement celui de la vallée d’Ossau, qui fit sans doute des jaloux: les producteurs d’électricité de la région, groupés en Union des Producteurs des Pyrénées Occidentales (U.P.E.P.O.), intervinrent auprès de leur Ministre de tutelle, le Ministre des Travaux publics, demandant que la Compagnie du Midi se cantonnât dans l’électrification des chemins de fer, et ne réalisât pas d’équipements dont la production dépassât largement ses besoins.

Bien que la Compagnie du Midi fit partie de l’U.P.E.P.O. elle ne put que s’incliner devant le désir de son Ministre (le Ministre des Travaux publics avait dans ses attributions à la fois le contrôle des chemins de fer et celui de l’électricité). Sous l’impulsion de son grand directeur M. Paul, le Midi créa alors une filiale dans laquelle il serait largement majoritaire, mais où une partie des actions (25 % environ) serait répartie

entre plusieurs membres de J.P.E.P.O. Cette formule présentait également un léger avantage: elle faisait participer des tiers au financement des équipements, et le Midi n’était pas riche.

Or, en 1929, les travaux de la vallée d’Ossau s’achevaient et M. Paul ne voulait pas que les remarquables équipes constituées sur les chantiers (personnel d’entreprise et cheminots) soient dispersées. Il fallut hâter la création de la S.H.E.M. et, à peine créée la mettre au travail dans un site connu et même parfaitement étudié par les ingénieurs du Midi depuis 1926. C’est ce qui explique que les chantiers du Louron s’ouvrirent le 1er septembre 1929, alors que la société n’avait pas encore trois mois d’existence.

En tant que filiale du Midi, la S.H.E.M. bénéficia toujours du soutien technique le plus complet de la société mère, puis de son successeur, la S.N.C.F.

III. – Constitution de la société

La S.H.E.M. est une société anonyme, d’une durée de 99 ans (à compter du 25 juillet 1929).

L’objet de la société (article 3 des statuts) est de :

«Obtenir toutes concessions ou autorisations de construction et d’exploitation d’usines hydro-électriques et de réseaux de transport de force, réaliser la construction et l’exploitation d’usines thermiques, ayant pour but de produire, transporter ou distribuer l’énergie électrique» etc.

Le capital initial était de 20 millions de francs réparti en 20 000 actions.

Parmi les huit administrateurs du début, cinq appartenaient au Midi: M. Tirard, président, MM. Sergent, Pereire, Bachellery et Paul (qui portait le titre « d’administrateur délégué» et était muni de pouvoirs spéciaux) ; les autres MM. Belugou (Sté Pennaroya), Henri Gall (Sté des Produits Azotés), et Maroger (U.P.E.P.OJ représentaient la minorité. M. Leclerc du Sablon était nommé directeur.

La particularité de la S.H.E.M. est d’être une société concessionnaire.

Dans les cahiers des charges des concessions (lesquelles sont octroyées pour 75 ans) établis en application de la loi du 16.10.1919 sur l’utilisation de l’énergie hydraulique, il est précisé que le domaine ainsi que tous les ouvrages de génie civil et d’hydraulique (y compris les turbines) reviennent à l’Etat en fin de concession. Le coût de certains de ces ouvrages peut faire l’objet d’une reconstitution de capital (par annuités calculées sur la durée des concessions) afin de dédommager les actionnaires au moment de la remise à l’Etat de ces équipements.

Le Midi avait comme associés dans la S.H.E.M. : l’U.P.E.P.O., PENNAROYA, la S.P.A. (société des produits azotés).

La S.H.E.M. fit elle-même partie de l’U.P.E.P.O. à partir du 25.5.1930. Elle bénéficia du concours financier de l’Etat (demande du 19.6.193) en application des dispositions des articles 120 à 123 de la loi de finances du 31.3.1931 : il s’agissait d’une allocation, pendant 30 ans, d’annuités destinées à alléger la charge en intérêt des emprunts contractés pour construire des centrales hydro-électriques (Convention avec le Ministère du 29.10.1932). Ces annuités sont des avances sans intérêt qui furent ensuite remboursées suivant des formules assez complexes (voir annexe O.)

L’attribution de ces allocations entraînait l’existence d’un Commissaire du gouvernement qui assistait aux réunions du Conseil d’Administration.

Le premier à siéger fut M. Turquet à partir de Mai 1934.

La S.H.E.M. mobilisa ce qui restait des allocations de l’État auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations en 1951, afin d’avoir de l’argent frais pour payer ses investissements et c’est à cette Caisse que les remboursements furent effectués ensuite.

IV. – Les choix techniques

Automne 1929; le seul moyen de transport « lourd » pour Tramezaygues:  les chars à bœufs.

Comme on l’a vu au chapitre II, la S.H.E.M. n’avait pas à chercher un site à équiper; tout était prévu, étudié, et c’est la création de la société qu’on attendait pour ouvrir les chantiers.

Dans cette haute vallée du Louron, d’accès difficile, mais très intéressante au point de vue hydraulique, la S.H.E.M. s’installera donc en construisant rapidement Tramezaygues et Lassoula. Elle continuera presque sans interruption à développer et compléter le premier équipement jusqu’à la période actuelle. Bien qu’elle ait réalisé l’usine des Aveillans dans la haute vallée de la Têt en 1954 (remplaçant la SNCF qui manquait de capitaux) c’est bien Le Louron qui reste son fief.

On trouvera dans l’annexe II une histoire sommaire du Louron. qui peut aider à comprendre la mentalité des habitants dont un certain nombre exploite l’usine de Tramezaygues. ainsi qu’un aperçu géographique et géologique de la région.

Le Louron est une vallée peu connue, profonde. et longtemps diffïcile d’accès. Il fallait être un bon pyrénéen pour aller de Loudenvielle à Caillaouas. ou Pouchergues et Aygues-Tortes chercher les points d’implantation des usines. ausculter les flancs des montagnes où passeraient les galeries et imaginer le tracé des conduites forcées et des téléphériques; il fallait être aussi un grand ingénieur pour projeter un aménagement rationnel et… réalisable. Ces qualités M. Leclerc du Sablon les avait et on peut dire que Tramezaygues et Lassoula sont entièrement son œuvre puisqu’il les conçut, puis les construisit avec une rapidité extraordinaire.

Dans deux articles parus les 4 mars et 3 juin 1933 dans la revue le Génie Civil, M. Leclerc du Sablon expose les raisons des choix techniques retenus pour les équipements (hydro-électriques et téléphériques) et donc les caractéristiques des installations.

La limite aval ne pouvait être qu’au confluent des Nestes de Clarabide et de Lapès, juste au-dessus de la prise d’eau de l »usine de Loudenvielle qui existait depuis la guerre. La chute du Lapès était facile à définir avec une prise d’eau située à l’amont de la barre rocheuse limitant la haute vallée.

L’emplacement de Tramezaygues fut choisi un peu au-dessus du confluent des Nestes de Clarabide et de Lapès, mais le relief imposait un décalage en altitude des bâtiments (centrale elle-même. poste de transformation, maisons ouvrières).

Au-dessus des gorges de Clarabide il était intéressant de capter les eaux de deux bassins versants: celui de Caillaouas en priorité puisqu’il existait un lac dont on pourrait utiliser les eaux en effectuant une percée sous lacustre assez profonde, (au-dessous de celle de « l’agriculture » : voir annexe II et celui de Clarabide-Pouchergues-Aygues Tortes; mais le lac de Pouchergues était à une altitude inférieure à celle de Caillaouas et inutilisable directement.

A fin de ne pas perdre totalement les apports de ce dernier bassin, et compte tenu de l’existence à Lassoula d’une belle plate-forme pour une centrale, il fut décidé de réaliser deux usines: une à Lassoula

turbinant les eaux de Caillaouas et une à Tramezaygues reprenant les eaux de Lassoula ainsi que celles de Clarabide et d’Aygues Tortes, et qui abriterait également le groupe du Lapès.

D’autre part, des pompes installées à Lassoula permettraient, en période de hautes eaux, de refouler les eaux de Pouchergues et Aygues Tartes dans Caillaouas, ce qui deviendrait indispensable pour remplir le réservoir lorsque la construction d’un barrage. dans line étape ultérieure, viendrait porter à 25 millions de mètres cubes la réserve utile. qui ne serait que de 18 millions avec la percée sous lacustre. Lassoula serait équipée de 3 groupes triples (turbine, alternateur, pompe) de 4500 kVA fonctionnant sous 450 mètres de chutes environ, les pompes pouvant débiter 600 litres/sec. sous 420 mètres et 500 sous 470 mètres. A Tramezaygues, sous la même hauteur de chute brute, trois groupes de 5 500 kVA turbineraient les eaux recueillies juste à l’aval de Lassoula; les deux groupes du Lapès n’auraient qu’une puissance de 1 500 kV A, sous 250 mètres de chute brut~.

Un autre problème se posait au projeteur: celui des accès. Il y a un demi-siècle, une mauvaise route arrivait jusqu’à l’usine de Loudenvielle, un chemin de chars la prolongeait jusqu’à la prise d’eau, c’est-à-dire juste en dessous de Tramezaygues; au.delà n’existait que le sentier établi un peu après 1890 pour les travaux de « l’Agriculture») (voir annexe II) à Caillaouas. Si le tracé d’une route entre Tramezay­gues et Lassoula n’était pas impossible à imaginer, le franchissement des gorges de Clarabide aurait entrainé des déroctages importants et très onéreux pour obtenir un chemin fermé cinq mois par an à cause de la neige, mais aussi des avalanches et des chutes de pierres.

Il était donc nécessaire, à l’amont de Tramezaygues (qui serait desservie par route) de tout transporter par téléphérique. Deux téléphériques s’imposaient d’ailleurs pour poser les conduites forcées (le téléphérique l, Tramezaygues-Santête et le télépherique 3, Lassoula-Couartaou). A l’origine, le téléphérique 3 ne devait pas transporter de personnel, mais très voisin techniquement du télé 1, il fut rapidement transformé pour rendre possible l’accès au Couartaou, puis à la station de pompage de Pouchergues. La capacité de transport de ces téléphériques, construits au titre des dommages de guerre par Bleichert, fut fixée par le poids d’un élément de conduite forcée de 10 mètres, soit 12 tonnes. Les chariots portant cette charge roulent sur deux câbles porteurs.

Entre Santête et Lassoula il avait été initialement envisagé de prévoir un passage pour le personnel (les pièces lourdes étant acheminées par la galerie vidée de son eau) dans une petite galerie; cette solution était plus coûteuse que l’installation d’un téléphérique d’une tonne (le télé n° 2) pour dix personnes et moins commode. Elle fut donc abandonnée.

Il n’en reste pas moins que l’existence d’une centrale, Lassoula, accessible par deux téléphériques, d’une station de pompage, Pouchergues, qu’on n’atteint qu’avec trois téléphériques, d’un barrage situé à l’extrémité d’un quatrième téléphérique (à matériaux) crée des sujétions de transport très lourdes pour l’exploitation et l’entretien. M. Leclerc du Sablon s’en aperçut pendant les travaux: les transports nécessitaient une main-d’œuvre importante et une organisation méticuleuse pour amener à Las­soula et, a fortiori, à Caillaouas, des tonnages de matériel élevés. La situation ne s’est pas améliorée dans ce domaine depuis un demi-siècle: pour monter deux hommes à Pouchergues, il faut être cinq au départ à Tramezaygues. C’est seulement lorsqu’un chantier à Caillaouas, ou Pouchergues ou Aygues Tortes revêt une certaine ampleur que le recours à l’hélicoptère peut dans certains cas résoudre le problème des transports, avec un prix de revient élevé, et des aléas dus aux conditions atmosphériques.

Les réalisations de la S.H.E.M. ont comporté, du point de vue technique, quelques particularités intéressantes. Indépendamment de la rapidité d’exécution, déjà mentionnée, le téléphérique n° 1 avec sa capacité de 12 tonnes et sa portée de 624 mètres constituait un record en 1930.

A Lassoula, un dispositif original a permis de refouler dans le lac tous les apports qui se présentent (entre 0 et 1800 litres/sec.) malgré un débit constant des pompes (voir annexe IV).

V. – Les travaux de 1929 à 1932

(voir annexe III)

7 septembre 1929: bénédiction de la première pierre à Tramezaygues. Le curé de Loudenvielle entre Messieurs Leclerc du Sablon et Thévenot.

Monsieur Paul s’était engagé vis-à-vis du Conseil d’Administration à mettre Tramezaygues et Lassoula en service dans un très court délai, afin de limiter les inlerêls intercalaires. \1. Leclerc du Sablon fut charge de l’exécution des travaux.

La galerie de Tramezaygues (de Santête à Lassoula) devant être équipée d’une voie Decauville pour transporter tout. le matériel destiné à Lassoula (groupes hydro-électriques, conduites forcées, téléphériques 3, etc.) il était inutile de réaliser Tramezay­gues avant Lassoula, car on n’aurait pas pu turbiner, la galerie étant vidée pour assurer les transports. Il fallait donc dès que possible attaquer Lassoula et Tramezaygues à la fois.

Afin d’avoir la pleine maîtrise de la conduite des chantiers, il fut décidé de travailler en régie. Les travaux de génie civil de l’Ossau, exécutés par la société des Grandes Entreprises \Méridionales (Direc­leur Monsieur  Thévenot) se terminant, la S.H. E.M prit en régie tout le personnel de cette société, gardant M.Thévenot, un entraîneur d’hommes, comme ingénieur conseil. Le matériel de chantier: compresseurs, câbles  de chantier, outillage divers fut également amené de l’Ossau, loué ou acheté.

Les effectifs utilisés furent énormes: 1200 personnes lorsque tous les chantiers furent ouverts!

On travailla hiver comme été, déblayant la neige à la pelle, montant les groupes hydro-électriques dans des bâtiments à peine clos…

Pour aller vite, les bâtiments furent construits avec des ossatures métalliques, livrées en un temps record.

A Caillaouas, la percée sous lacustre était difficile, Pendant l’hiver 1931-1932 on pompa l’eau du lac qu’on rejeta dans la galerie du Couartaou, afin de la turbiner et on perça alors plusieurs canaux horizontaux qui débouchèrent à sec dans la cuvette du lac.

Les téléphériques furent livrés et montés dans les délais qui nous paraissent invraisemblables.

Voici un échéancier très sommaire des réalisations:

Le 1″ septembre 1929 : début de la construction de la route Loudenvielle-Tramezaygues (route pour camions) avec des pelles et des pioches…

Simultanément, attaque des chantiers de bâtiment et de téléphérique à Tramezaygues, où on accède avec des chars à bœufs.

Dès la fin d’octobre, un câble de chantier permet de monter du matériel à Santête, de préparer les assises de la station supérieure du téléphérique et de commencer à percer la galerie Santête-Lassoula à partir de six fenêtres; elle sera effectuée pendant l’hiver 1929-1930, ainsi que celle du Lapès.

Le téléphérique n° 1, est mis en service le 5 septembre 1930, un an après le début des travaux!

Le 2 mai 1930, arrivant par le sentier des Ponts et Chaussées, des équipes s’installent à Lassoula. En septembre, elles montent la charpente du bâtiment, qui sera couvert en novembre. Dès février 1931, le montage des groupes démarre. A la fin de l’été 1930, 5 câbles de chantier permettent d’apporter du matériel à la fenêtre 0 (actuellement station de pompage de Pouchergues) et la galerie du Couartaou à la fenêtre 0 sera terminée au début de 1931.

En mai 1931, le télephérique n°3 (Lassoula­-Couartaou) est utilisable et le téléphérique 2 en novembre.

Les conduites forcées sont mises en eau: le Lapès en juillet 1931, Clarabide en septembre, Lassoula en décembre, avec quelques incidents mineurs.

La mise en service des groupes suit: en juillet pour le Lapès et septembre 1931 pour Clarabide; ainsi l’eau pompée dans Caillaouas pendant l’hiver 1931­-1932 produit de l’énergie (à Lassoula à partir de février 1932, moins de 30 mois après l’arrivée des premières équipes sur le chantier !).

Au printemps de 1932, le percement de Caillaouas se termine et la prise d’eau dans le lac est mise en service fin mai. Tout l’été, les travaux d’achèvement se poursuivent, puis le personnel sera progressivement replié. La dernière benne à quitter le Couartaou descend le 9 décembre 1932; et le téléphérique 3 n’était qu’un téléphérique à matériaux!

Avec le recul du temps, et un examen sérieux de la conception et de la réalisation des usines du haut Louron, on reste confondu devant la rapidité d’exécution. Cinquante ans après, on ne pourrait pas envisager d’aller aussi vite.

Administrativement, c’est impossible: des commandes importantes ont été passées sans les contraintes actuelles, dans des délais records.

Techniquement, on ne pourrait pas attaquer presque tout à la fois avec des moyens suffisants, tout en maintenant un coût acceptable.

Humainement, il est inconcevable que des équipes actuelles acceptent de vivre et travailler dans les conditions qu’ont acceptées les manœuvres, ouvriers, contremaîtres et ingénieurs de l’époque, et qu’elles soient animées du même courage.

22  novembre 1930: sentier de service du Couartaou à la fenêtre 0 (future station de pompage de Pouchergues)

25 février 1931: usine de Lassoula sous la neige

On trouvera dans l’annexe III quelques renseignements donnés par des cadres qui ont vécu la vie des chantiers du Louron, ainsi que par le « gros livre rouge », remarquable document établi en 1972 par un Inspecteur de Toulouse. Viguier Victor, qui relate tous les événements « génie civil » depuis la création de la S.H.E.M.

La période -1929-1932, essentiellement marquée par les chantiers du Louron, comprend également un équipement un peu inattendu: la ligne il 63 000 V, La Tour-de-Carol-Villefranche-Vernet-Les-Bains. La S.H.E.M, en a demandé la concession le 8 novembre 1929: les travaux approuvés par l’Ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées des Forces hydrauliques du Sud-Ouest, en novembre 1931, furent exécutés par la société Générale d’entreprises. Cette ligne, destinée à relier les usines de la Tét à l’Ariège au moment de l’électrification de la voie ferrée Ax – La Tour, intéressait le Midi, et fut mise en service à la fin de l’année 1931.

VI.  Travaux d’investissement et de gros entretien de 1933 à 1979

(voir annexe IV)

La chronologie des principaux événements d’ordre technique qui ont marqué la vie de la S.H.E.M. est la suivante:

a) De 1933 à 1944

Le 1″ décembre 1933 le projet de barrage de Caillaouas est approuvé par décision ministérielle.

En 1933 et 1934 des injections de mortier de ciment sont effectuées dans la galerie d’amenée de Tramezaygues. En 1934 également. le clapet du puits de Caillaouas est installé et les galeries inférieures ayant servi au percement sont obturées.

Les maisons ouvrières sont agrandies, une école construite en 1937-1938. Le bouchon de Caillaouas. qui perdait 20 litres/sec, est injecté, et les fuites s’abaissent à moins d’un litre/sec. En octobre 1937 une crue très violente affecte la vallée du Louron sans dommage notable pour les installations de la S.H.E.M. Mais l’événement important de celle période est la construction du barrage de Caillaouas étudié depuis longtemps et achevé en pleine guerre. Ses caractéristiques se trouvent dans le tableau II : son intérêt est de porter la réserve utile du lac de 18 à plus de 25 millions de m3 d’eau, mais il sera parfois difficile à remplir, même en pompant au maximum à Lassoula.

La société d’études et de Travaux, chargée de la construction procède en 1938 aux fouilles du barrage: le sol est du gneiss dur poli par les glaciers avec des filons de quartz surtout en rive droite. La campagne reprend le 25 avril 1939 et les maçonneries se poursuivent, précédées d’injections. Le bouchon de l’agriculture est étanché la même année.

En 1940 le barrage poids est terminé jusqu’au couronnement, à la côte 2171. En août le remplissage à la cote 2170 est atteint.

En mai 1941, les massifs des groupes de Lassoula. effectués un peu vite et présentant des fissures doivent être injectés. Deux incidents marquent l’année 1944.

- Une rupture du câble  tracteur auxiliaire du téléphérique 2 en février, avec remise en service en octobre.

- Une avarie de la conduite du Lapès due à la chute d’un rocher.

Par contre, la Libération n’a entraîné aucun dégât sur les ouvrages de la S.H.E.M.

b) De 1945 à 1952

Cette période est marquée par quelques travaux de gros entretien (rien n’avait été fait pendant la guerre, après l’achèvement du barrage de Caillaouas et surtout par la réalisation des adductions de Pouchergues el Aygues Tortes avec la station de pompage de Pouchergues.

Le barrage avait été construit en 1939-1940 avec les ciments assez médiocres qu’on pouvait se procurer pendant la guerre; les bétons furent rapidement attaqués par les eaux pures du réservoir qui dissolvaient le carbonate de chaux. En 1945 une importante campagne d’injections fut entreprise et terminée en 1946 , pour étancher la base de l’ouvrage ; on reprit également les joints de dilatation.

D’autre part, furent injectés ou réparés plusieurs galeries, radiers, canaux de fuite, massifs, etc.

L’année suivante, c’est le début des travaux de Pouchergues: sentier Couartaou-Pouchergues, installation de baraques de chantier, tandis que le gros entretien est poursuivi sur les téléphériques,  les bouchons de Caillaouas et Santéte.

En juin 1947, commence effectivement le chantier de Pouchergues: percement de galerie, décapage du terrain pour le barrage.

Le barrage, initialement prévu en enrochements, est construit en maçonnerie et achevé le 8 novembre

1948, après une saison exceptionnellement longue. Sa capacité utile, après surélévation à la cote 2111, est de 830000 m’. La perforation de la galerie d’adduction. de Pouchergues à la fenêtre 0 de Caillaouas, est commencée el sera poursuivie l’hiver. Le 9 janvier

1949, un grave accident fait trois morts et cinq blessés (forage dévié dans un culot resté chargé. Le 6 août une explosion prématurée due à l’action d’un violent orage sur les amorces électriques fait encore deux morts.

Le déroctage de la future station de pompage de Pouchergues est exécuté.

La semi-automaticité des groupes de Tramezaygues et Lassoula est effectuée durant les années 1947­-1948: sous ce terme, on comprend la possibilité d’exploiter les groupes sans service de « quart machines » et  sous la conduite de agent « de tableau ». Dans ce but  il fallut réaliser les premiers démarrages automatiques des groupes ; mais leur synchronisation et le couplage sur le réseau demeuraient manuels. En outre, des sécurités diverses de surveillance avaient été mises au point et installées.

Le 20 décembre 1950, l’eau de Pouchergues arrive dans Lassoula, et le 30 mai 1951, la station de pompage fonctionne, refoulant 3 m3/sec. Cette station, à plus de 2 000 mètres d’altitude et entièrement télécommandée, est pour l’époque une réalisation très audacieuse.

Le barrage de Caillaouas est surélevé de 2 mètres en 1951 : en 1952, un masque d’étanchéité en béton est accolé à la partie amont inférieure (en ciment Fouilloux).

Les eaux d’Aygues Tortes et de Clarabide sont amenées dans Pouchergues en août 1952. Tous ces apports complémentaires, pompés par le groupe de Pouchergues permettront de remplir régulièrement Caillaouas.

c) De 1953 à 1960

Peu de travaux notables ont marqué la vallée du Louron pendant cette période, si ce n’est quelques réparations dues à des incidents de téléphériques.

En 1956, on étudia la chute de Pont de Prat dont il sera question plus loin.

Les Aveillans

L’activité de la S.H.E.M, s’est portée sur une autre vallée: celle de la Têt. La chute des Aveillans (voir tableau III) juste à l’aval de la Bouillouse était dans « les cartons» depuis fort longtemps. Une longue discussion avait opposé la Compagnie du Midi et le Ministère en 1925 à son sujet. Le Midi avait fait au printemps de celle même année une « demande d’autorisation d’urgence » qui fut refusée ; un dossier très complet fut établi le 3 juillet, et un long rapport de M. Leclerc du Sablon du 23 novembre 1925 réfutait les objections du service du contrôle. Mais, par une lettre de décembre, le Ministre indiquait que la commission des Finances du Sénat avait refusé le projet de convention relatif au financement des  électrifications proposé par le Midi, ce qui condamnait les Aveillans.

L’affaire ne fut reprise que 27 ans plus tard malgré « l’urgence». A la réunion du Conseil d’Administra­tion du 12 février 1952, M. [)ugas, Président, déclara que la S.N.C.F. ne pouvait pas continuer les aménagements hydro-électriques par manque de crédits, un peu comme le Midi en 1929 après L’achèvement de l’Ossau. La S.H.E.M. devait donc prendre le relais pour les Aveillans. Si la SNCF obtenait des crédits, elle entreprendrait le barrage du Bious.

Le chantier des Aveillans ne se compare pas à ceux du Louron: il y a un accès routier jusqu’à la Bouillouse ouvert 6 à7 mois par an, pas de barrage à construire. Il s’agit d’installer une longue conduite forcée (3 600 mètres) et une centrale avec un groupe de 8 500 k VA. Mais cette usine ne comportera aucun local d’habitation et sera télécommandée depuis l’usine de Lacassagne (première usine S.N.C.F. de la vallée, en dessous de Mont-Louis). L’absence de cheminée d’équilibre exige également une fermeture très lente des turbines du groupe. Du point de vue administratif il y eut quelques accrochages avec le service du contrôle et les autorités locales, et des discussions avec E.D.F., qui avait des compensations à donner au département des Pyrénées Orientales à propos du Lanoux et désirait en proposer côté Tét !

La mise en service eut lieu en janvier 1955.

d) De 1961 à 1966

L’activité revient dans le Louron. Les électriciens de l’après-guerre avaient été hantés par la crainte de manquer de puissance au moment des pointes. Toute modification de centrale tendant à accroître la puissance, même quelques centaines d’heures par an, était bonne à prendre. C’est dans cet esprit que fut conçue une modernisation de Tramezaygues et Lassoula.

A  Lassoula un groupe moderne vertical de 23000 kVA (débit d’armement: 5.5 m’/sec.) est prévu à la place d’un des anciens groupes ; il est possible de supprimer une pompe, car, depuis le pompage de Pouchergues, les apports pompables à Lassoula ont beaucoup diminué. On diminuera la longueur de la conduite forcée Caillaouas – pompe de Pouchergues en mettant en charge une partie de la galerie et on doublera la conduite extérieure.

A Tramezaygucs. les alternateurs à stator modernisé acceptent une puissance de 8 200 kvA (au lieu de 5 500) : on remplacera donc deux turbines, le débit d’armement total devenant un peu supérieur à celui de Lassoula, Les postes 10 et 63 kv seront refaits (avec installation d’un nouveau transformateur

10 x 63 kv de 30000 KvA) et une ligne 63 kv Tramezaygues-Bordéres construite (par E.D.F. aux frais de la S.H.E.M.

Les travaux s’étalent de 1961 à 1966 : le nouveau groupe de Lassoula télécommandé, est mis en service le 29 octobre 1964, la première turbine de Tramezay­gues le 16 septembre 1965 et la seconde le 30 juin 1966,

Pendant la même période, sont effectués divers travaux de gros entretien, dont le remplacement de la grille de prise d’eau à Caillaouas au printemps 1965 est le plus spectaculaire. La construction d’un foyer pour le personnel en 1962 n’est pas moins important.

e) De 1967 à 1979

En dehors de divers travaux d’entretien (peintures, réfections de voies en galeries, réparations d’ouvrages en béton. etc.) sont à signaler:

En 1969, l’installation d’un téléphérique à matériaux entre la fenêtre 1 de la galerie Caillaouas­ Couartaou et le barrage: en 1970, le « retourne­ment» de la machinerie du téléphérique 2 ; le machiniste se trouvant désormais à Santête, tout le personnel peut être supprimé à Lassoula.

Le barrage de Caillaouas a des fuites élevées: près de 30l/sec, lorsqu’il est plein.

En 1971, une campagne d’étanchement (entreprise Soletanche), demandée par le service de contrôle, injecta 290 tonnes de ciment Fouilloux dans la partie amont du barrage: le résultat constaté en 1972, est médiocre, et en 1973, 1974, des injections de résines dans le parement amont (entreprise Terastiç) rédui­sent les fuites à moins de 2 1/sec. (résultat encore valable en 1979),

En 1974, 1975, le nouveau règlement des téléphériques impose des modifications parfois difficiles à réaliser. On entreprend également la réfection de couvertures pour supprimer les ardoises, une amélioration destinée à faciliter le dessablage du Lapès, la réfection du couronnement de Caillaouas en 1976, le dégagement du débouché de la galerie d’Aygues Tortes dans Pouchergues en 1977,  la réfection des revêtements extérieurs des murs des bâtiments. etc.

La décision de moderniser la chute du Lapès, dont les groupes vont avoir 50 ans est prise par le Conseil d’Administration en 1977 : des 1978 le génie civil de la nouvelle conduite forcée est effectué et la conduite en grande partie posée en 1979. Le groupe de 3000 kv A devrait tourner à la fin du printemps 1980.

Deux incidents » notables ont marqué la période  1967-1979 :

- le 2 juin 1968 (jour de Pentecôte, en pleine grève) un rocher arrache le pylône n » 1 du téléphérique 2, sans accident de personne. La remise en service a lieu le 4 septembre,

- en juin 1973, au cours de violents orages, le moteur de la pompe de Pouchergues est avarié: la pompe ne fonctionnera à nouveau qu’en avril 1974. Les mêmes orages ont « claqué » les stators des deux groupes de la chute du Lapès, Réparés provisoirement, ils seront rebobinés en 1974 et 1975.

VII. – L’exploitation

a) La production (voir tableau 1)

Les productions des premières années furent peu élevées, à cause de la crise économique dont les répercussions, très fortes en 1934-1935, s’atténuèrent dès 1936.

Par suite de la faiblesse des besoins en énergie électrique, il fallut même faire déverser Caillaouas, A partir de 1938-1939, la S.H.EM. produisit tout ce qu’elle pouvait, sans aucune contrainte commerciale.

L’augmentation consécutive aux aménagements et modernisations apparaît clairement sur le tableau 1 : construction de Caillaouas, adductions de Poucher­gues et Aygues  Tortes.

Plus récemment, la moyenne annuelle de produc­tion du Louron (corrigée par l’indice de productibilité Pyrénées de chaque année) s’est accrue de 7 % depuis la modernisation 1961-1966, L’énergie produite par la S.H,E.M, est généralement de très bonne qualité: grâce aux réservoirs de la Bouillouse et de Caillaouas, les kWh de pointe et d’heures pleines d’hiver sont les plus nombreux. Seules les lâchures agricoles entraînent pendant les étés secs des productions de moindre valeur. Le réservoir de Caillaouas  dont les bassins versants (Caillaouas, Pouchergues, Aygues Tortes) sont au-dessus de 2 200 mètres, est alimenté essentiellement par des fontes de neige, et un été très chaud donne plus d’eau qu’un été humide; ses apports ne suivent pas l’indice de productibilité (qui se rapproche beaucoup d’un indice pluviométrique). Rappelons que les usines sont exploitées par E.D.F. au mieux de l’intérêt national, les intérêts de la S.H.E.M. étant par ailleurs sauvegardés.

b) Le personnel

A l’origine, Tramezaygues el Lassoula étaient deux centrales distinctes, avec chacune un personnel logé sur place et un chef d’usine.

Les femmes et les enfants empruntaient les téléphériques pour se rendre à Lassoula, et à Santête l’entrée dans la cabine du téléphérique 1 imposait un pas au-dessus du vide qui impressionnait certains (ce pas a été supprimé grâce à une grille rabattable.

Dès 1964, le nouveau groupe de Lassoula étant télécommandé, il a été possible de supprimer le personnel de quart, puis, après le retournement de la commande du téléphérique 2, de ne plus laisser personne à cette altitude, sauf en période de pompage, laquelle est très courte (on n’a pas automatisé le pompage des deux anciens groupes).

Enfin, à Tramezaygues, le personnel de quart disparaît également après la modernisation et l’installation de dispositifs de réglage de la charge (groupes de Tramezaygues) et d’un programmateur (nouveau groupe de Lassoula, pompe de Pouchergues), il ne reste plus que deux agents d’astreinte, un gradé et un agent d’exécution. et du personnel d’entretien.

Aux Aveillans. il n’y a jamais eu de personnel d’exploitation: c’est celui de Lacassagne qui télécommande l’usine.

Le personnel à disposition de la S.H.E.M. est ainsi passé de 41 à 23 agents entre 1960 et 1977 : sur les 23. 7 sont des agents S.N.CF. détachés, et 16 sont « purement S.H.E.M. », avec le statut des industries électriques non nationalisées, qui est le statut E.D.F. Il parait difficile de descendre au-dessous de 14 àTramezaygues compte tenu des conditions de vie, en particulier en hiver; il y a une sorte « d’effectif  critique »  au-dessous duquel on ne peut pas descendre et qui est d’environ une quinzaine. Il ne faut pas oublier que pour envoyer une équipe de 4 agents à la station de Pouchergucs, il en faut au moins 7 présents à Tramezaygues, qu’il y a des sujétions de ravitaillement, d’approvisionnement, de transports scolaires, de déneigement en hiver

VIII.   La vie administrative

(voir annexe V)

En dehors des procès verbaux des Assemblées Générales et des réunions du Conseil d’Administration, lesquels sont très condensés, beaucoup de documents d’archives ont disparu, en particulier à Paris, du fait de la guerre de 1940 et de déménagements. Il est donc parfois difficile de reconstituer de façon précise la vie de la S.H.E.M.

En dehors des procès verbaux des Assemblées Générales et des réunions du Conseil d’Administration, lesquels sont très condensés, beaucoup de documents d’archives ont disparu, en particulier à Paris, du fait de la guerre de 1940 et de déménagements. Il est donc parfois difficile de reconstituer de façon précise la vie de la S.H.E.M.

a) Les contrats

Les produits de la vente d’énergie sont la seule ressource de la société. En 1930, les contrats étaient établis avec l’U.P.E.P.O. et la demande ne suivait pas toujours d’offre. La S.H.E.M. vendait également à la Compagnie du Midi.

A partir de la guerre il n’y eut plus de problème de vente en quantité, mais uniquement des problèmes de prix. L’événement le plus important fut en 1946, la création d’E.D.F. Après des discussions assez longues, il fut admis que la S.H.E.M. continuerait à vendre toute son énergie à la S.N.C.F, comme elle l’avait décidé en mars 1940, et n’aurait pas à connaitre E.D.F. Pour cet établissement. les kWh produits par la S.H.EM. entreraient dans le contrat général S.N.C.F.-E.D.F. au même titre que ceux des usines S.N.CF. (contrat n° 1).

Entre la S.N.CF. et la S.H.E.M., le contrat était des plus simples: il y avait un prix par kWh ; ce prix était de 3 F en octobre ) 1951, 3,30 F de 1952 à 1958, ensuite 3.48 et 3,71 F en 1959 (T.V.A. comprise).

En 1961, afin de mieux tenir compte des améliorations qualitatives de la production que la modernisation du Louron devait procurer, il fut décidé d’adopter des prix du type « tarif vert » E.D.F. ; les prix des différentes périodes tarifaires étaient choisis de façon à aboutir au même résultat financier que le prix de 3,71 anciens francs au kWh en année d’hydraulicité médiane. Le contrat fut signé le 18 mai 1962.

En, 1970, la S.N.CF., renouvelait son contrat avec E.D.F., afin de simplifier les relations entre les deux sociétés et de supprimer « l’exploitation fictive », il fut admis que la production servant de base pour les facturations serait celle de l’année médiane, dans l’état actuel des équipements (toute modification technique entrainant une modification du forfait). La S.N.CF. demanda alors il la S.H.E.M un contrat analogue, qui fut signé le 10 mars 1971.

Le « forfait» S.H.E.M. est actuellement de 108 millions de kWh par an (production brute, aux bornes des alternateurs, mais tenant compte des écrêtements, pertes moyennes et du pompage ; seuls les auxiliaires sont à déduire), Cc contrat a l’avantage de procurer des recettes indépendantes de l’hydrauli­cité.

b) La situation financière

La S.H.E.M. est maintenant une société anonyme concessionnaire au capital de 20 300 000 F réparti en

145 000 actions de valeur nominale 140 F.

La valeur réelle, estimée de plusieurs façons, est voisine de ce chiffre.

Pour réaliser ses investissements, la S.H.E.M. a fréquemment emprunté, puis remboursé: à la Compagnie du Midi au début, à des banques, à d’autres filiales S.N.CF., etc.

La modernisation du Louron a entraîné des dépenses importantes: de 1963 à 1966, la S.H.EM. a mobilisé 2,5 millions auprès des V.F.D.M. et 1,5 auprès du Crédit Lyonnais. Le 31 décembre 1969, ces 4 millions étaient remboursés, un peu en avance sur les prévisions.

La hausse importante du prix de l’énergie depuis 1974, associée à des amortissements élevés grâce à la reconstitution du capital (biens concédés revenant à l’Etat en 2007 ou 2030) a beaucoup amé1ioré la situation financière de la S.H.E.M. ces dernières années: elle n’emprunte plus, mais elle prête en attendant de pouvoir investir.

IX. – L’avenir

Comme on a pu le voir aux chapitres 5 et 6. la S.H.E.M. n’a guère cessé d’investir, d’équiper, de moderniser depuis sa création.

Parmi les ouvrages construits, les barrages, galeries, prises d’eau, bien surveillés et entretenus, doivent durer très longtemps.

Caillaouas fait corps avec le rocher sur lequel il est appuyé: régénéré périodiquement si c’est nécessaire par des injections de ciment pour l’alourdir (ce qui n’est pas inutile) et étanché de l’amont avec des produits efficaces, sa vie ne parait pas limitée.

Le matériel électromécanique, s’use, se fatigue, mais peut être renouvelé. La fin de la société, celle des concessions, sont au-delà de l’an 2000. La hausse des prix de l’énergie ayant engendré une situation financiére favorable, il semble que la S.H.E.M. puisse regarder l’avenir avec confiance et continuer ses investissements.

En dehors du Lapés, dont la modernisation sera terminée en 1980, elle a demandé la concession de la petite chute de Pont de Prat, entre Tramezaygues et la prise d’eau de Loudenvielle, le petit groupe prévu produirait près de 2.5 millions de kWh par an.

Dans la Têt, une centrale située à Saint-Thomas- les-Bains, sur la Riberole pourrait apporter 14 mil­lions de kWh au réseau général.

Mais les problèmes d’environnement exigent des études longues et difficiles, et il n’est pas possible de savoir quel projet aboutira.

Dans un avenir rapproché, la fin de la concession de la S.N.C.F. le 31 décembre 1982, laquelle S.N.CF., possède plus de 80 % des actions, risque de poser des problèmes délicats.

Mais la S.H.E.M. a déjà traversé des événements plus graves. Aussi peut-on penser qu’elle continuera à travailler pour essayer de réduire un peu plus la dépendance énergétique de notre pays.

Ces textes et photos proviennent de la plaquette conçue par la S.H.E.M. à l’occasion du cinquantenaire de celle-ci.

Cet ouvrage nous a été aimablement prêté par une fille de Monsieur Leclerc du Sablon. Nous la remercions.

LES ANNEXES

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