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Ancizan 1953 – La grande colère du Merlé.

La grande colère du Merlé

Dans l’après-midi du 15 août 1953, un orage d’une rare violence s’abat sur la vallée d’Aure, et plus particulièrement sur le massif de l’Arbizon. Gonflé par une pluie diluvienne, le ruisseau d’Erabat, alias Merlé, entraîne tout sur son passage. Rien ne résiste à la puissance du flot dévastateur : les arbres bordant les rives sont arrachés et emportés comme des fétus de paille, et de gros blocs de granit roulent au fond de son lit. Une énorme masse compacte et boueuse arrive sur le village dont elle investit le quartier nord dans un fracas assourdissant.

Les bâtisses riveraines reçoivent de plein fouet des centaines de mètres cubes d’un amalgame fait de rochers, d’arbres, terre et gravier. Certaines sont littéralement désintégrées, d’autres sont perforées de part en part, d’autres encore, les plus nombreuses, voient leurs murs lézardés et leur rez-de-chaussée comblé par une masse de pierres et de boue. Lancé à toute vitesse, le gigantesque torrent envahit successivement la petite place d’Uzer, la rue de la place d’Uzer, le Bié de l’Arriou, les Anclades, la rue du Cadroumet, la Coustéte et le Minjot. Toutefois, la rue du Coumet et la rue Salcedo sont peu touchées.

Au-dessous du Batanet, les prairies sont recouvertes d’une épaisse couche de galets, ainsi que celles situées à l’est de la route nationale.

Le tocsin retentit bientôt, alertant les populations locales et environnantes. Prévenus, les jeunes gens rentrent précipitamment de Grézian où le bal de la fête locale a été interrompu par l’inondation de la salle.

Un véritable spectacle de désolation les attend. Pour la rue Salcedo, passe encore… C’est en arrivant sur la place que chacun peut mesurer l’ampleur de la catastrophe. L’incrédulité se lit sur tous les visages : la rue de la place d’Uzer n’est plus qu’un amoncellement boueux duquel émergent, de-ci de-là, troncs, blocs, roches, débris de toutes sortes. La hauteur de la masse boueuse atteint la hauteur du premier étage.

Puis, ce sera la découverte des dégâts provoqués dans les autres rues, le sauvetage de diverses personnes restées prisonnières chez elles. Et, très vite, la découverte du corps de François Porte, première victime, qui, talonné par le torrent de boue,  avait trouvé refuge dans sa grange. Transporté sous la halle, il ne pourra être ramené à la vie. Peu après, une découverte plus horrible : les cadavres des cinq membres d’une famille espagnole en vacances.

Les habitants sinistrés sont accueillis par des voisins dont les maisons ont été épargnées. Dans la nuit qui suivit, l’orage gronda dura de longues heures.

La troupe, appelée en renfort, repartit rapidement sur d’autres fronts : une grève des cheminots à contrôler sembla un objectif plus utile aux autorités supérieures.

Les jours suivants virent un va-et-vient incessant de sauveteurs et de curieux. Peu à peu, certaines rues reprirent leur physionomie coutumière ; quant aux autres, privées des maisons effondrées ou de celles qui durent être démolies, elles se changèrent en terrains vagues.

Puis, la vie reprit son cours. Pouvait-il en être autrement ? Déjà, par le passé, le Merlé avait provoqué de semblables méfaits. Mais c’était si loin ! (1648, 1844, 1868 et 1875). Cependant, il n’y avait jamais eu de victimes à déplorer.

Cinquante ans après, quels souvenirs avons-nous conservé de cet événement ?  Quelques images fugaces où se mêlent des cris et des larmes, des scènes brèves, décousues, des instantanés… Peu de choses en vérité, et l’on se prend à regretter les faibles capacités de la mémoire humaine. Bien sûr, chacun garde en lui quelques anecdotes, quelques bribes de réflexions ou de clichés. Mais l’atmosphère n’y est plus et l’émotion s’est esquivée sur la pointe des pieds…

Heureusement, il nous reste quelques photographies. Certes, elles ne redonneront pas l’atmosphère du moment, mais, plus fidèles que les souvenirs défaillants, elles permettront aux anciens de se replonger dans ce passé déjà lointain et qui tente de leur échapper, et aux plus jeunes de mesurer toute l’étendue du drame.

Ces photographies sont les derniers témoignages d’une journée dont la date restera marquée d’une grosse pierre noire.

André GALICIA

CEDAS Exposition 2010

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